Indiens : le plus grand groupe de demandeurs d’asile au Canada selon les données

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Les Indiens représentent la plus grande part des demandes d’asile au Canada, selon des données récentes

Entre janvier et juin 2025, l’Inde est restée le pays d’origine le plus important pour les demandes d’asile soumises au Canada, avec 9 947 dossiers adressés à la Division de la protection des réfugiés de la Commission de l’immigration du Canada. Ces demandes représentent plus de 18 % des 55 093 requêtes totales enregistrées sur cette période. Toutefois, ce chiffre marque une diminution par rapport à l’année précédente, où 32 563 demandes indiennes avaient été déposées sur un total de 190 039.

Cette forte présence s’accompagne également d’un taux notable de refus : environ 19 % des demandes indiennes sont rejetées, plaçant l’Inde parmi les dix nationalités les plus concernées par cette issue, derrière des pays comme la Syrie, qui affiche un taux de refus atteignant 50 %. Par ailleurs, les demandeurs indiens figurent en tête des dossiers abandonnés, représentant 53 % du total des cas abandonnés et 9 % des demandes retirées.

Un expert en immigration installé dans la région du Grand Toronto (GTA), Kanwar Sierah, a vivement critiqué cette augmentation considérable, allant jusqu’à qualifier ce phénomène de « fraude organisée bénie par le gouvernement ». Selon lui, la GTA serait devenue « un terreau fertile pour des consultants ‘agréés’ peu scrupuleux, produisant en masse des demandes d’asile aux contenus souvent identiques, destinées à des visiteurs, étudiants et travailleurs étrangers ». Il souligne que de nombreux requérants arrivent au Canada grâce à des visas temporaires, qu’ils combineraient à des « forfaits » leur proposant ensuite la constitution de dossiers d’asile, certains s’appuyant sur un supposé soutien au mouvement séparatiste du Khalistan. Toutefois, M. Sierah doute de la réalité de la persécution basée sur ce critère.

Les autorités indiennes ont également noté que certains migrants auraient participé brièvement à des manifestations pro-Khalistan au Canada, souvent dans le seul but de prendre des selfies, afin de renforcer leurs dossiers de demande d’asile.

Depuis la montée en puissance du gouvernement canadien dirigé par Justin Trudeau en 2015, le nombre de demandes d’asile indiennes n’a cessé de croître, passant de 379 cette année-là à plus de 9 000 par semestre en 2025.


Les Points Importants

  • Poids démographique dans les demandes d’asile au Canada : L’Inde reste le pays le plus représenté parmi les requérants, même si les chiffres ont baissé depuis le pic de 2024.
  • Taux importants de refus et d’abandon : Le nombre élevé de refus (19 %) et d’abandons soulève des interrogations sur la nature des demandes.
  • Critiques sur la gestion des demandes : Des spécialistes dénoncent une exploitation systématique du système par des consultants controversés qui proposeraient des stratégies préfabriquées pour contourner les règles d’immigration.
  • Contexte politique spécifique : L’utilisation du soutien au Khalistan comme motif d’asile fait l’objet de controverses entre experts canadiens et autorités indiennes.
  • Évolution liée aux politiques canadiennes : La montée des demandes semble corrélée à l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, qui a modifié certains aspects de la politique migratoire.

Sur la scène internationale, ces tendances illustrent comment les politiques migratoires, aussi généreuses soient-elles, peuvent parfois donner lieu à des adaptations créatives voire contestées des candidats à l’asile. La France, en tant que grande puissance francophone et acteur majeur de la diplomatie, observe ces flux avec intérêt, confrontée elle aussi à ses propres défis migratoires. Dans ce contexte, l’équilibre entre accueil humanitaire et rigueur administrative demeure un défi permanent.

En poussant la réflexion un peu plus loin, on pourrait se demander si cette « industrialisation » des demandes d’asile n’est pas un symptôme des nouvelles réalités migratoires, où autant les opportunités que les contraintes poussent à l’inventivité. En tout cas, pour ceux qui, comme moi, suivent l’évolution de ces dossiers, il est fascinant de voir comment les systèmes tentent de rester à la hauteur, même si parfois, on se demande si le Canada n’a pas là un bon sujet de série à suspense… avec saison 2 déjà en préparation ?


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