Des dizaines de personnes manifestent contre l’immigration au centre-ville de Toronto, face à un contre-rassemblement

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Rassemblement anti-immigration et manifestation contre, au cœur de Toronto

Samedi dernier, la place Nathan Phillips, emblématique centre de Toronto, a été le théâtre d’un rassemblement d’une cinquantaine de personnes opposées à l’immigration de masse, auquel a rapidement répondu une contre-manifestation forte d’environ 150 participants. La Police de Toronto est intervenue, procédant à onze arrestations pour maintenir l’ordre dans un climat tendu.

L’initiative est portée par Joe Anidjar, fondateur du mouvement « Canada First », lancé en 2024. Celui-ci dénonce la transformation du système d’immigration qu’il juge désormais trop permissif, au détriment des ressources locales. Il déclare ainsi vouloir un recentrage des budgets publics sur des priorités domestiques telles que l’aide aux sans-abri ou la santé mentale, plutôt que sur des engagements militaires à l’étranger. Pour Anidjar, il s’agit avant tout de « mettre son propre peuple au premier plan ».

Parmi les manifestants, Ron Bouwmeister, exprime aussi une volonté de préserver ce qu’il considère comme l’identité canadienne, au nom de ses petits-enfants : « Je veux retrouver le Canada d’avant », dit-il, regrettant le déclin de la diversité physique traditionnelle qu’il observe.

Face à ce rassemblement, la contre-manifestation, organisée par Community Solidarity Toronto, défend un message opposé et inclusif. Dana Julien, un des intervenants, se fait la voix des migrants qu’il considère injustement stigmatisés, dénonçant l’usage d’un discours de haine envers ces populations. Son message : « Les immigrants sont les bienvenus ici ».

À l’occasion d’une conférence de presse tenue dans l’enceinte de l’Hôtel de Ville, élus et militants ont mis en garde contre les dangers de ce type de rhétorique hostile, rappelant notamment le contexte international dans lequel s’inscrit la montée des tensions identitaires. La tension a été récemment exacerbée outre-Atlantique par des événements tragiques à Minneapolis, qui soulignent le poids des discours xénophobes.

Nigel Barriffe, président de l’Alliance urbaine pour les relations interraciales, défend le rôle historique des vagues migratoires dans la construction du Canada moderne, et rejette l’idée de la faute imputée aux immigrants dans les crises sociales actuelles. De son côté, la Révérende Sarah Miller alerte sur le fait que ces discours alimentent un climat dangereux, rendant la société moins sûre pour tous.

Le conseiller municipal Neethan Shan a tenu à rappeler que la Ville de Toronto se tient solidaire des communautés visées par cette montée du rejet : « Cette xénophobie et ces appels anti-immigrants causent de la peur et divisent. Il faut y mettre un terme. »

Joe Anidjar insiste cependant sur son point de vue culturel, évoquant un Canada multiculturel mais revendiquant la préservation des « valeurs et de l’identité » qu’il estime menacées.


Les Points Importants

  • La manifestation anti-immigration de Toronto illustre les tensions croissantes autour des questions identitaires et de la gestion des flux migratoires dans une société multiculturelle.
  • La contre-manifestation souligne une volonté citoyenne forte de maintenir l’ouverture et la solidarité, notamment dans un contexte souvent marqué par des discours polarisants.
  • Les élus locaux et représentants associatifs appellent à dépasser les divisions par un dialogue respectueux et à lutter contre toute forme de haine et de discrimination.
  • Toronto, ville emblématique du multiculturalisme au Canada, cristallise ces débats qui résonnent au-delà des frontières, en particulier en cette période mondiale marquée par des enjeux migratoires majeurs.
  • Ces événements questionnent aussi la manière dont les sociétés occidentales répartissent leurs ressources, entre priorités internes et engagements internationaux.

Observer ces dynamiques au Canada me rappelle combien chaque nation européenne et francophone, notamment la France, est elle aussi confrontée à des débats similaires, quoique imprégnés de ses propres réalités historiques et sociales. Alors que nous nous engageons dans des temps d’incertitudes, la réponse que nous apportons à ces défis dessine, en filigrane, la société que nous souhaitons léguer aux générations futures. Quelle place attribuons-nous à la diversité, à la solidarité, à la mémoire commune? La question dépasse la simple politique migratoire et soulève une réflexion profonde sur notre humanité partagée et notre capacité à vivre ensemble, malgré et grâce à nos différences. À nous, en tant que citoyens informés, de penser et d’œuvrer pour une coexistence qui transcende les peurs, car c’est là toute la grandeur d’un projet commun.


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