Canada Post perd 407 millions au 2e trimestre, les clients se tournent vers d’autres transporteurs

Écrit par

dans

Canada Post enregistre une perte de 407 millions de dollars au deuxième trimestre : les clients se tournent vers d’autres transporteurs de colis

La société d’État canadienne Canada Post a annoncé mardi une perte massive de 407 millions de dollars avant impôt pour le deuxième trimestre de 2025, illustrant les difficultés croissantes du service postal public. Ce déficit, le plus important jamais enregistré sur un trimestre, est principalement dû à une chute spectaculaire des revenus issus du transport de colis.

La baisse des revenus s’explique par une diminution de 25 millions de colis livrés par rapport à la même période l’an dernier, ce qui représente un manque à gagner d’environ 288 millions de dollars depuis le début de l’année. Selon Canada Post, cette situation est largement causée par une incertitude prolongée découlant de négociations contractuelles compliquées avec le syndicat des travailleurs postaux, et une grève de plusieurs semaines survenue l’an passé, justement avant la période cruciale des fêtes.

Malgré une légère hausse des courriers transactionnels, comme les factures et avis divers, notamment grâce à l’envoi de documents liés aux élections fédérales, le contexte reste tendu. Les discussions du mois de juin ont encore été retardées, la direction ayant demandé plus de temps pour examiner la dernière proposition syndicale, qui inclut des revendications sur les salaires, l’ajout de livraisons durant le week-end, ainsi que le recours à davantage de travailleurs à temps partiel.

Le syndicat des travailleurs postaux a rejeté cette offre plus tôt dans l’été, estimant qu’elle ne répondait pas aux attentes de ses membres, et a maintenu l’interdiction nationale des heures supplémentaires. Il reproche de surcroît à la direction de mettre en péril l’activité colis en favorisant un concurrent détenu par Canada Post lui-même, le groupe Purolator.

Ces difficultés financières préoccupantes avaient déjà été mises en lumière au début de l’année par un rapport d’une commission d’enquête industrielle, qui juge Canada Post « pratiquement insolvable ». Ce rapport recommande de réformes importantes, notamment la suppression progressive de la livraison quotidienne du courrier à domicile au profit de boîtes communautaires, tout en préconisant le maintien d’une distribution quotidienne dans les entreprises.

Le directeur de cette commission, William Kaplan, avertit que sans des changements rapides et réfléchis, la situation financière de Canada Post ne cessera de se dégrader.


Les Points Importants

  • Canada Post enregistre un déficit record de 407 millions de dollars sur le seul deuxième trimestre 2025, frappé par une forte baisse des volumes de colis expédiés.
  • La grève et l’incertitude sur les négociations salariales ont poussé ses clients à choisir d’autres services, notamment Purolator, une filiale pourtant détenue par la même entreprise.
  • Malgré une hausse temporaire du courrier lié aux élections, le cœur du métier, les colis, connaît une érosion significative des revenus.
  • Le syndicat dénonce une stratégie qui, au lieu de renforcer le service public, oriente les affaires vers des entités concurrentes privées.
  • Un rapport d’experts recommande des réformes profondes, dont la fin de la distribution quotidienne au domicile et l’adoption de boîtes postales collectives, pour assurer la viabilité future.

Perspective internationale

La situation canadienne fait écho à une tendance mondiale : les services postaux publics sont confrontés à la mutation rapide des habitudes de communication et d’achat. Là où le téléphone et le courrier traditionnel déclinent, le boom du e-commerce propulse une demande colossale pour les livraisons de colis. Pourtant, la gestion des ressources humaines, la concurrence accrue et les modèles économiques doivent évoluer de concert pour assurer un équilibre financier durable.

En Europe, à l’image de la France, les services postaux s’adaptent également en innovant : développement de la digitalisation, partenariats publics-privés, et expérimentation de nouvelles formes de livraison plus écologiques. Ce qui se joue chez Canada Post est donc loin d’être isolé mais s’inscrit dans une dynamique globale qui interpelle.

Enfin, notons que ces enjeux soulèvent aussi une réflexion sur le rôle même des services publics à l’ère du commerce mondialisé et numérique, un sujet qui touche chacun d’entre nous, et plus encore dans les régions francophones, où l’équilibre entre tradition et innovation reste délicat.

Pour conclure, avec un brin de malice

On pourrait dire que Canada Post fait un peu figure de « parental de la poste » trop conservateur face à l’adolescence turbulente du e-commerce. Pendant que ses clients s’échappent vers d’autres horizons et que ses partenaires internes se disputent la cour de récréation des négociations, il reste à voir si cette vieille dame saura se réinventer avant de devoir finalement confier la lettre à un messager plus rapide ou digital. Mais bon, après tout, qui ne s’est jamais perdu en chemin dans une négociation de famille, n’est-ce pas ? Restons curieux de la suite… la tournée du facteur n’est pas terminée !


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *