Trader singapourien choisit Maurice pour financer ses opérations en Afrique | Centre d’études africaines NTU-SBF

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Un groupe singapourien choisit Maurice pour financer ses opérations en Afrique

Le groupe agroalimentaire singapourien Valency International a levé 15 millions de dollars via une émission obligataire à Maurice pour soutenir ses activités en Afrique. Cette première tranche, entièrement souscrite, s’inscrit dans un programme plus large de 50 millions de dollars répartis en plusieurs émissions. Selon MCB Capital Markets, la banque d’investissement mauricienne qui a conseillé la transaction, c’est la première fois qu’une entreprise basée à Singapour émet des obligations à Maurice dans le but de financer ses opérations sur le continent africain.

Les fonds, acheminés par la nouvelle filiale mauricienne de Valency, serviront principalement à couvrir les besoins en fonds de roulement en Afrique de l’Ouest. Valency est active dans divers pays africains, avec un portefeuille de produits allant des noix comestibles aux graines, en passant par le cacao, les légumineuses, les biens de consommation courante, les engrais et les produits phytosanitaires. Jusqu’ici, la compagnie s’appuyait surtout sur des lignes de crédit à court terme. Cette opération obligataire lui offre une diversification de ses sources de financement et une meilleure sécurité grâce à une trésorerie à plus long terme. La transaction bénéficie également d’une garantie de risque de crédit apportée par le Fonds de Solidarité Africaine, un organisme multilatéral.

Créée pour commercer des matières premières africaines destinées aux marchés asiatiques, Valency a amorcé son intégration verticale en 2015, en lançant une unité de transformation de noix de cajou au Nigeria. L’an dernier, le groupe a obtenu 60 millions de dollars auprès d’un consortium d’institutions européennes de financement du développement, comprenant la française Proparco, l’allemande DEG et la néerlandaise FMO, pour renforcer ses opérations nigérianes. Ce financement sert à doubler la capacité de son usine de noix de cajou à Ibafo, dans l’État d’Ogun, passant de 50 à 100 tonnes par jour, soit 15 000 tonnes supplémentaires annuelles de transformation. Presque toutes ces noix transformées sont destinées à l’export.

Plus récemment, Valency a inauguré une nouvelle usine de transformation de noix de cajou en Côte d’Ivoire, dotée d’une capacité annuelle de 45 000 tonnes et financée en partie par des prêts des institutions norvégienne Norfund et finlandaise Finnfund. Cette initiative s’inscrit dans le plan ivoirien de transformation locale de 50 % de sa récolte d’ici 2030, réduisant ainsi l’exportation de noix brutes pour favoriser la création locale de valeur.


Les Points Importants

  • Premier élan obligataire singapourien à Maurice : Valency International ouvre une nouvelle voie en émettant des obligations sur la place mauricienne pour financer ses activités africaines, un signe fort de confiance dans ce hub financier régional.
  • Maurice, porte d’entrée vers l’Afrique : Le rôle stratégique de Maurice dans le financement des projets en Afrique de l’Ouest est confirmé, renforçant son image comme plateforme incontournable entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
  • Financement à long terme et diversification : En diversifiant ses ressources financières, Valency gagne en stabilité et prépare une croissance durable au-delà des traditionnelles lignes de crédit à court terme.
  • Solidarité et partenariats européens : Le soutien de Proparco, DEG et FMO illustre l’implication active de l’Europe, et en particulier de la France, dans l’agro-industrie africaine, promouvant un développement économique inclusif.
  • Intégration industrielle locale en Afrique : Le développement des infrastructures de transformation en Côte d’Ivoire et au Nigeria illustre un tournant crucial vers la valorisation locale des matières premières, essentiel à la création d’emplois et à la montée en gamme des exportations.

Une ouverture internationale : Observer, comprendre, et peut-être s’inspirer

Alors que Maurice continue de consolider son rôle de passerelle financière vers l’Afrique, il est fascinant de voir une entreprise singapourienne adopter ce positionnement. L’appui d’institutions européennes, notamment françaises, souligne l’intérêt d’une coopération triangulaire qui dépasse les simples frontières. Pour la francophonie, c’est une occasion de démontrer que l’efficacité financière et la dynamique de développement durable peuvent se conjuguer. Maintenant, à quand une telle initiative portée par un groupe français, pour même renforcer la chaîne de valeur africaine tout en profitant du cadre mauricien ? Peut-être que la prochaine fois, ce sera à nous de monter au créneau… ou devrons-nous attendre que les Singapouriens nous montrent encore le chemin ? Allez, un petit pari pour réveiller notre enthousiasme !


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