Maurice et l’Inde unies contre le va-et-vient des investissements, affirme la ministre Jyoti Jeetun

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Maurice collabore avec l’Inde pour éviter le « round-tripping » des investissements, déclare la ministre Jyoti Jeetun

Dans un entretien avec notre partenaire indien The Hindu, Jyoti Jeetun, ministre des Services financiers et de la Planification économique de Maurice, a expliqué que l’île travaille étroitement avec ses homologues indiens afin d’établir des règles précises pour les entreprises souhaitant démontrer une véritable activité commerciale sur le territoire mauricien. L’objectif est clair : empêcher que Maurice, située sur la côte est de l’Afrique, ne soit utilisée comme une simple « boîte aux lettres » pour un circuit d’investissement circulaire, dit « round-tripping ».

Une coopération renforcée avec l’Inde pour un développement commun

Alors que l’Inde s’affirme comme l’une des grandes économies mondiales et se prépare à devenir la troisième économie derrière les États-Unis et la Chine, Maurice voit en cette dynamique une opportunité majeure pour son secteur financier. Selon la ministre, le traité de double imposition entre les deux pays a été révisé pour encourager des relations économiques accrues, et de nouveaux protocoles sont en cours de finalisation.

Maurice ne veut plus se limiter au domaine financier mais envisage aussi d’intensifier ses collaborations dans des secteurs stratégiques comme les énergies renouvelables, la fintech, la santé ou encore l’économie maritime. Par ailleurs, un projet innovant de régler les échanges commerciaux en monnaies locales, et non plus en dollars américains, est en discussion, ce qui pourrait bouleverser les modèles traditionnels de commerce et renforcer la souveraineté économique des deux partenaires.

Maurice, porte d’entrée pour l’investissement indien en Afrique

Face aux investisseurs indiens désireux de s’internationaliser, Maurice offre un véritable tremplin vers le continent africain. En tant que membre de l’Union africaine et du marché commun COMESA, l’île garantit un accès simplifié à un réseau de 54 pays africains. Ce positionnement s’accompagne d’un écosystème financier et entrepreneurial mature, pensé pour accueillir des sièges sociaux et soutenir les entreprises dans leur expansion africaine.

La fintech, notamment, suscite un engouement particulier, avec plusieurs sociétés de paiements informatiques déjà installées à Maurice, qui voient là une base stratégique pour viser les marchés africains. Même si la population mauricienne est modeste, l’immense potentiel du continent voisin est une véritable carte maîtresse pour ces partenariats.

Répondre aux défis démographiques avec pragmatisme

Concernant la question du vieillissement de la population et du déséquilibre de l’offre et de la demande sur le marché du travail, la ministre rappelle que Maurice a mis en place des politiques d’ouverture à l’immigration, notamment pour les travailleurs qualifiés, et investit dans la formation pour adapter les compétences aux nouvelles technologies.

Maurice ne se positionne plus comme une plateforme de production à faible coût — la main-d’œuvre pour cela se raréfie — mais vise à exceller dans les secteurs à forte valeur ajoutée comme les services financiers, la technologie et la fintech.

Simplification administrative : un enjeu majeur

Afin de renforcer l’attractivité de Maurice, notamment auprès des entreprises indiennes, le gouvernement mauricien s’attèle à réduire « la paperasserie » et accélérer l’obtention des licences et autorisations. Un groupe de travail impliquant acteurs publics et privés est en place pour identifier les obstacles et améliorer la fluidité des procédures. Cette dynamique est en phase avec les efforts du Conseil pour le développement économique (EDB), moteur de l’investissement étranger direct sur l’île.

Lutte contre le « round-tripping » des investissements : un cadre législatif en élaboration

La ministre insiste particulièrement sur les travaux visant à renforcer les exigences de substance économique pour les entités opérant à Maurice. Les entreprises devront prouver leur présence réelle sur le sol mauricien : bureaux, dépenses opérationnelles, activités concrètes. Ces mesures visent à dissiper les accusations selon lesquelles l’île serait utilisée pour contourner les règles fiscales en faisant transiter les capitaux via des structures fictives. Bien que certains détails restent confidentiels en raison des négociations en cours, le gouvernement confirme son engagement vers une législation plus rigoureuse.

Une diplomatie équilibrée entre Inde, Chine et Afrique

Avec un pied dans l’océan Indien et des voisins économiques de poids, Maurice maintient une position ouverte et équilibrée. Alors que la Chine et l’Inde suscitent toutes deux un intérêt grandissant, l’île privilégie une politique d’amitié avec tous ses partenaires régionaux, dans une logique inclusive et pragmatique.


Les Points Importants

  • Partenariat stratégique avec l’Inde : Maurice ajuste son cadre légal et économique pour renforcer ses liens commerciaux et financiers avec l’Inde, avec des axes de coopération étendus à plusieurs secteurs d’avenir.
  • Instrument d’ouverture vers l’Afrique : L’île se positionne comme un hub indispensable pour les entreprises indiennes désireuses d’accéder au marché africain, grâce à ses accords régionaux divers et son écosystème mature.
  • Modernisation économique et sociale : Pour relever les défis démographiques, Maurice mise sur l’immigration qualifiée, la formation continue et la montée en gamme vers des secteurs innovants.
  • Simplification des procédures : Un effort concret est engagé pour fluidifier les démarches administratives, enjeu essentiel pour rester compétitif dans le contexte international.
  • Renforcement des normes anti-évasion fiscale : La définition de critères stricts de présence et d’activité sur le territoire vise à clarifier l’image de Maurice et rassurer les partenaires, notamment indiens.
  • Diplomatie ouverte et équilibrée : Maurice favorise une relation harmonieuse avec tous ses partenaires, tout en capitalisant sur ses liens historiques et culturels avec l’Inde, et en cultivant un rôle régional actif.

Une perspective internationale et un clin d’œil

À l’heure où le monde est en constante redéfinition économique et géopolitique, Maurice montre qu’il sait se positionner avec finesse entre grandes puissances, tout en cultivant ses particularités. L’île prouve qu’un petit territoire peut jouer dans la cour des grands, surtout quand il s’agit de connecter l’Asie et l’Afrique.

Pour le coup, j’avoue que parfois j’imagine un scénario où Maurice pourrait presque se prendre pour un grand chef d’orchestre en coulisses, guettant le tempo entre la danse des investissements, le chant des réglementations et les rythmes diplomatiques. On a beau être « petite », on a de la voix, non ? Alors, qui saura saisir cette mélodie complexe et prometteuse que Maurice compose avec l’Inde et toute la région ? Je vous laisse méditer cette partition… avec un petit sourire malicieux.


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