Maurice collabore avec l’Inde pour combattre l’argent noir, annonce la ministre Jyoti Jeetun

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Travailler avec l’Inde pour lutter contre le blanchiment d’argent : les propos de la ministre mauricienne Jyoti Jeetun

Dans un contexte où la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement illicite demeure une priorité mondiale, la ministre mauricienne des Services Financiers et de la Planification Économique, Dr Jyoti Jeetun, a récemment souligné la coopération étroite entre l’île Maurice et l’Inde. Lors d’un entretien exclusif accordé à WION, elle a insisté sur la vigilance accrue de son pays pour empêcher que son territoire ne soit utilisé à des fins illicites, notamment le financement du terrorisme ou les transferts financiers illégaux. « Douze agences travaillent conjointement à Maurice pour assurer une surveillance continue et mener ce combat sans relâche », a-t-elle expliqué.

Cette démarche s’inscrit dans une série d’initiatives destinées à renforcer les liens bilatéraux. En mars dernier, lors de la visite historique du Premier ministre Narendra Modi à Maurice, les instances clés des deux pays, comprenant notamment la Direction de l’Application des Lois indienne (Enforcement Directorate) et la Commission des Crimes Financiers de Maurice, ont signé un protocole d’entente pour favoriser l’échange d’informations et la coopération technique dans la lutte contre le blanchiment d’argent.

Maurice a par ailleurs révisé en 2016 sa convention fiscale avec l’Inde (DTAA) afin de permettre à l’Inde de taxer les plus-values issues des investissements mauriciens, une réforme entrée en vigueur à partir d’avril 2017 qui vise à contrer le phénomène de “round-tripping” — ce retour frauduleux de capitaux indiens via Maurice. Cette politique s’est accompagnée d’efforts rigoureux qui ont permis à Maurice de sortir en 2023 de la liste grise du Groupe d’Action Financière (GAFI), après avoir adopté des régulations strictes conformes à ses quarante recommandations.

Dr Jeetun a également mis en lumière l’histoire profonde qui unit les deux nations, rappelant que la majorité des Mauriciens descendent d’Indiens venus de différentes régions, ce qui crée un fort lien culturel, linguistique et social renforçant une coopération fructueuse.

Les Points Importants

  • Coopération judiciaire et technique renforcée : La signature d’un accord entre les agences de lutte financière de Maurice et de l’Inde crée un cadre innovant pour le partage d’informations et la formation conjointe, essentiel dans la prévention et la détection des flux illicites.

  • Réforme fiscale majeure : L’amendement de la DTAA a limité les avantages de certains circuits financiers abusifs tout en encourageant un commerce bilatéral effectif basé sur la substance économique.

  • Engagement continu contre les risques financiers : La présence de 12 agences nationales dédiées au contrôle témoigne d’une stratégie intégrée et rigoureuse, garantissant une réponse rapide aux nouvelles pratiques de fraude.

  • Maurice comme pont économique et culturel entre l’Inde et l’Afrique : Avec sa position stratégique, l’île joue un rôle de passerelle facilitant non seulement les échanges commerciaux mais aussi la coopération politique avec les pays africains, notamment à travers son statut au sein de l’Union Africaine.

  • L’importance du CECPA (Accord complet de coopération économique et de partenariat) : Ce traité ouvre davantage l’accès mutuel aux marchés des biens et, bientôt, des services, consolidant les perspectives de croissance commune dans le secteur financier et au-delà.

Perspective internationale

Sur la scène internationale, cet exemple de partenariat entre Maurice et l’Inde illustre une dynamique majeure : celle des petites économies qui, appuyées par des géants régionaux comme la France et l’Inde, peuvent mener des réformes structurantes tout en sophistiquer leurs mécanismes contre la criminalité financière transnationale. La France, elle-même experte en lutte contre la fraude et la fiscalité internationale, suit ces évolutions avec intérêt, notamment en raison des liens historiques et économiques qu’elle entretient avec l’océan Indien et l’Afrique.

  • L’échange d’expertises entre nations est aujourd’hui plus que jamais la clé d’une gouvernance financière saine et transparente.
  • Les réformes juridiques et fiscales doivent être assorties d’une volonté politique ferme, gage d’efficacité à long terme.
  • L’intégration économique régionale, notamment à travers des accords bilatéraux ou multilatéraux, apporte un cadre bénéfique pour la confiance des investisseurs étrangers.

Pour ouvrir la discussion

On pourrait presque croire que la course contre l’argent sale se transforme en un jeu de cache-cache planétaire… Heureusement, là où certains se creusent la tête pour sophistiquer leurs stratagèmes, d’autres, comme Maurice et l’Inde, créent des alliances solides et innovantes pour les déjouer. Mais entre vous et moi, il faut bien avouer que ce grand ballet de la transparence internationale donne aux passionnés de stratégie financière plus de suspense que certains feuilletons télévisés ! Reste maintenant à observer comment dans les prochains actes, la vigilance saura s’adapter à la créativité toujours renouvelée des fraudeurs.


Chez Point Sud, nous continuerons à suivre avec attention ces développements qui lient Maurice à l’Inde et qui, à travers eux, illustrent la complexité mais aussi la richesse des relations économiques francophones à l’échelle globale.


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