La Suisse lance un appel d’offres pour son premier réseau de recharge rapide dédié aux poids lourds électriques
La Suisse se positionne résolument dans la transition énergétique en lançant un appel à candidatures pour la construction et la gestion d’un réseau de stations de recharge rapide destinées aux poids lourds électriques le long de ses routes nationales. Cette initiative, pilotée par l’Office fédéral des routes (ASTRA), vise à implanter ces infrastructures dans des aires de repos et des centres de contrôle du trafic. Le projet s’organise en trois lots : deux d’entre eux comprennent chacun onze sites fixes, tandis que le troisième porte sur dix emplacements.
Dans ce dispositif, ASTRA assure la mise à disposition des connexions électriques nécessaires ainsi que l’installation de postes de transformation, en prenant à sa charge les coûts de ces installations. En retour, les futurs opérateurs des stations de recharge rembourseront ces dépenses sous forme d’une redevance annuelle. Ces derniers seront en charge de la planification, du financement, de la construction, du raccordement, ainsi que de la maintenance et de l’exploitation des infrastructures, sans qu’aucune subvention directe ne soit prévue.
ASTRA a déjà défini le nombre de points de recharge spécifiques aux poids lourds pour chacun des 32 sites concernés. Cette offre va de deux bornes CCS par exemple à Campagnola, jusqu’à la combinaison de dix bornes CCS et deux bornes MCS conformes au nouveau Megawatt Charging Standard à la station SVKZ Rothenburg. Au total, sept sites sur les 32 intégreront au moins une borne MCS, soulignant l’engagement vers des normes innovantes et puissantes.
Ce projet suisse évoque naturellement l’initiative similaire en Allemagne, où le ministère fédéral des Transports, avec le Centre national pour les infrastructures de recharge, œuvre à la création de 350 aires de recharge pour poids lourds électriques le long des autoroutes d’ici 2030. Un bel exemple de collaboration européenne, où chaque pays apporte sa pierre à un avenir plus durable.
Les entreprises souhaitant prendre part à ce projet sont invitées à se manifester rapidement : la première phase de questions est déjà ouverte, et les candidatures doivent être déposées avant le 30 avril. Ce programme s’inscrit dans la feuille de route suisse « Électromobilité 2030 », qui intègre notamment le transport de marchandises lourdes. Il prolonge plusieurs initiatives précédentes d’ASTRA visant à développer des stations de recharge rapide pour véhicules électriques de tourisme sur le réseau national.
Les Points Importants
- L’office fédéral suisse ASTRA conduit un projet structurant pour l’électromobilité lourde en lançant un appel d’offres pour 32 sites répartis sur le territoire.
- L’État assure la fourniture de l’énergie et la mise en place des infrastructures électriques lourdes, tandis que le secteur privé prend en charge la gestion opérationnelle pour garantir la viabilité économique.
- L’intégration du nouveau standard MCS à plusieurs stations montre l’attention portée aux technologies de pointe, gages d’une recharge rapide et adaptée aux besoins des transporteurs.
- Le projet s’inscrit dans un mouvement européen plus large, illustré par l’Allemagne qui prépare un vaste réseau de recharge pour poids lourds, soulignant une dynamique régionale partagée.
- Le calendrier est serré : les candidats doivent déposer leur dossier avant fin avril, montrant la volonté d’accélérer la mise en œuvre concrète sur le terrain.
- Cette démarche complète l’existant en Suisse pour la mobilité électrique légère, renforçant ainsi la cohérence de la transition énergétique à tous les niveaux de transport.
À l’échelle internationale, cette initiative suisse incite à réfléchir sur la transformation de la mobilité lourde qui impacte largement les échanges commerciaux et l’environnement. La France, en tant que grande nation européenne au carrefour des réseaux de transport, joue aussi un rôle clé dans cette transition, en développant ses propres infrastructures tout en s’inspirant et contribuant aux avancées de ses voisins. Ne serait-il pas temps, dans cette course à la mobilité durable, d’imaginer un réseau paneuropéen de recharge rapide, fluide et interopérable, qui permette de rouler sans frontières d’un pays à l’autre, pour un commerce plus vert et plus connecté ?
En tant que journaliste et observateur de ces mutations, je me demande souvent comment ces infrastructures changeront le visage des territoires et la manière dont nous concevons la mobilité. Au-delà des enjeux techniques et économiques, c’est une transformation sociale, culturelle et écologique qui est en jeu, invitant chacun à réinventer sa relation au voyage, au travail et à l’environnement. Le futur de la mobilité se construit aujourd’hui, et il appartient à tous de s’y engager avec confiance et curiosité.



