Chronique de Maurice Giroux

Bien qu’il faille une bonne dose de courage politique pour oser s’en prendre au mode de scrutin électoral en vigueur au Canada depuis 1867, on ne peut pas dire que le Nouveau parti démocratique
(NPD) fait preuve d’une grande vision lorsqu’il s’agit de réformer en profondeur notre système parlementaire usé jusqu’à la corde.

Parmi les mandats très importants confiés au ministre des Institutions démocratiques et de la participation citoyenne Bernard Drainville, il y a celui, fort méconnu, de ministre responsable de l’application de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.

Depuis quelques mois des discussions sont en cours entre DASH-L et les écoles de pilotage de l’aéroport de Saint-Hubert pour en arriver, si possible, à une entente hors cours dans au moins 6 procès qui traînent devant les tribunaux et qui ont coûté jusqu’ici plus de 1 million en frais juridiques payés par les citoyens.

Au siècle dernier, avant même la construction du pont Jacques-Cartier en 1927, existait une petite municipalité qui s’appelait Montréal-Sud. Le village de Montréal-Sud fut créé en 1906 et est devenu une ville en 1911. En 1961 elle fusionna avec la Cité de Longueuil pour former une nouvelle ville, mais qui garda le nom de la cité.

Les nouvelles règles d’éthique s’appliquant au ministre de la Culture et des communications seront à ce point sévères qu’elles risquent de dépouiller de leurs droits politiques les citoyens et tous les organismes culturels ayant leur siège social sur le territoire de la ville de Longueuil.

Selon un article de la Presse canadienne publié le 28 janvier, tous les dossiers et tous les organismes des trois arrondissements de la ville de Longueuil ne pourront être abordés, étudiés ou traités par le ministre ou par le cabinet de Maka Kotto en raison de son lien conjugal avec la mairesse Caroline St-Hilaire.

Certes il est évident que M. Kotto ne pourra participer à aucune décision du gouvernement, du Conseil du Trésor ou même de son propre ministère dans tous les dossiers de la ville de Longueuil : la loi est claire là-dessus et tout le monde le savait dès le lendemain de sa nomination par Pauline Marois.

Mais en cette période troublée et troublante en matière de gouvernance municipale et provinciale, certains voudraient laver plus blanc que blanc avec des mesures qui pourraient priver de leurs droits tous les organismes à vocation culturelle ayant pignon sur rue à Longueuil.

Faudra-t-il que ces organismes s’inscrivent au Registre des lobbyistes pour se faire entendre? Devront-ils s’adresser directement aux fonctionnaires du ministère de la culture et des communications? Devront-ils déménager leur siège social à Saint-Lambert, Boucherville, Brossard ou Saint-Bruno?

On pense immédiatement au dossier prioritaire du Théâtre de la Ville, qui traîne en longue depuis des années. On savait déjà qu’il sera traité directement par le Conseil du trésor sans la participation du ministre Maka Kotto et que ce dernier devra éventuellement sortir de la salle du Conseil des ministres le cas échéant. Le ministre ne pourra non plus faire l’annonce de projets de la société civile de Longueuil.

Par contre, les organismes peuvent se rassurer en sachant que la ministre responsable de la Montérégie, Marie Malavoy, pourra prendre le relais des dossiers locaux. Sans oublier que le ministre Bernard Drainville siège au Conseil du trésor.

Avec un peu de chance, les citoyens de Longueuil pourront continuer de rencontrer par hasard le ministre Kotto soit au Marché public, soit à un concert ou peut-être à un vernissage tout en restant muet sur son ministère.

Bienvenue dans votre ville Monsieur le ministre!

Édition PDF du 14 mai

14 mai 2013-1

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