Les nouvelles règles d’éthique s’appliquant au ministre de la Culture et des communications seront à ce point sévères qu’elles risquent de dépouiller de leurs droits politiques les citoyens et tous les organismes culturels ayant leur siège social sur le territoire de la ville de Longueuil.

Selon un article de la Presse canadienne publié le 28 janvier, tous les dossiers et tous les organismes des trois arrondissements de la ville de Longueuil ne pourront être abordés, étudiés ou traités par le ministre ou par le cabinet de Maka Kotto en raison de son lien conjugal avec la mairesse Caroline St-Hilaire.

Certes il est évident que M. Kotto ne pourra participer à aucune décision du gouvernement, du Conseil du Trésor ou même de son propre ministère dans tous les dossiers de la ville de Longueuil : la loi est claire là-dessus et tout le monde le savait dès le lendemain de sa nomination par Pauline Marois.

Mais en cette période troublée et troublante en matière de gouvernance municipale et provinciale, certains voudraient laver plus blanc que blanc avec des mesures qui pourraient priver de leurs droits tous les organismes à vocation culturelle ayant pignon sur rue à Longueuil.

Faudra-t-il que ces organismes s’inscrivent au Registre des lobbyistes pour se faire entendre? Devront-ils s’adresser directement aux fonctionnaires du ministère de la culture et des communications? Devront-ils déménager leur siège social à Saint-Lambert, Boucherville, Brossard ou Saint-Bruno?

On pense immédiatement au dossier prioritaire du Théâtre de la Ville, qui traîne en longue depuis des années. On savait déjà qu’il sera traité directement par le Conseil du trésor sans la participation du ministre Maka Kotto et que ce dernier devra éventuellement sortir de la salle du Conseil des ministres le cas échéant. Le ministre ne pourra non plus faire l’annonce de projets de la société civile de Longueuil.

Par contre, les organismes peuvent se rassurer en sachant que la ministre responsable de la Montérégie, Marie Malavoy, pourra prendre le relais des dossiers locaux. Sans oublier que le ministre Bernard Drainville siège au Conseil du trésor.

Avec un peu de chance, les citoyens de Longueuil pourront continuer de rencontrer par hasard le ministre Kotto soit au Marché public, soit à un concert ou peut-être à un vernissage tout en restant muet sur son ministère.

Bienvenue dans votre ville Monsieur le ministre!

En 1992 la Reine Élizabeth II avait lancé l’expression « Annus horribilis » (1) pour décrire les malheurs qui s’étaient abattus sur la famille royale en cette année du 40eanniversaire de son accession au trône.

Sans crainte de se tromper, on pourrait utiliser la même formule pour qualifier l’année 2012 pour le monde municipal au Québec.

L’avalanche de mauvaises nouvelles provenant de la commission Charbonneau, de l’UPAC et des médias touchant la gouvernance municipale a dépassé en importance le printemps étudiant et l’avènement d’un gouvernement à Québec.

Par ailleurs, il n’est pas dit que 2013, année électorale pour le palier municipal, marquera un répit dans la découverte de nouveaux cas marquants de collusion et de corruption.

La Rive-Sud de Montréal n’est pas à l’abri d’éventuelles enquêtes plus poussées sur le financement des partis politiques via l’attribution de contrats ou par d’autres stratagèmes.

À Longueuil même, des allégations ont commencé à circuler, sans toutefois avoir l’ampleur de Montréal ou de Laval. Selon une source, nous serions que des « pee-wee » ou des « twits » de ce côté sud du fleuve.

En attendant de nouveaux développements s’il y a lieu, et en prévision du scrutin de novembre prochain, il y aurait matière à amélioration dans la gouverne de nos partis politiques municipaux.

Les outils disponibles

Le public et les médias ont déjà certains outils pour jauger les pratiques et méthodes de financement.

Ainsi, nous avons accès à la déclaration annuelle des intérêts des élus municipaux. Nous avons aussi droit à obtenir copie des états financiers annuels des partis politiques qui sont déposés à chaque printemps chez le trésorier de la Ville.

Ces états financiers contiennent en annexe les noms et les montants des contributeurs, année après année.

Mais il y a encore place à l’amélioration en matière de transparence. Par exemple, il est surprenant que depuis trois ans aucun des deux partis en présence, l’Action Longueuil et le Parti municipal Longueuil, n’aient averti ni invité les médias à assister à leur réunion annuelle.

Cet événement, qui est d’ordre public, permet en effet de prendre le pouls d’un parti politique en termes de participation, de dynamisme et de composition, tel l’âge et le sexe.

Voilà une bonne résolution à prendre en 2013 par nos partis politiques, actuels ou futurs.

(1) : A noter qu’il faut prononcer Annus avec l’accent latin sur le ann-us, et non avec l’accent français a-nus, comme persiste à le faire le journaliste et animateur Paul Larocque de TVA ! L’actualité sent déjà assez mauvais pour en rajouter !

Au-delà du possible malentendu autour de la promesse électorale du Parti québécois d’étudier la demande d’une région administrative pour l’agglomération de Longueuil, la question est de savoir si
une vision commune et la cohérence des forces vives de la Rive-Sud dépendent à ce point d’une  simple délimitation géographique du territoire.

Édition PDF du 14 mai

14 mai 2013-1

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