Chronique d'Yvan Parent

Depuis quelques jours, le climat s’est détérioré. Ces jours-ci, elle en a beaucoup contre lui; lui a accumulé des griefs contre elle ces derniers temps. Il a beau se dire qu’il est responsable de la situation et qu’il n’a pas à lui en vouloir. Rien n’y fait. Il se sentirait mieux ailleurs qu’en sa présence.

Une ombre se pointe à l’horizon laissant présager des lendemains incertains pour qui voudrait devenir libraire et gérer sa propre librairie. Au royaume du Saguenay, un libraire vient de mettre le cadenas sur la porte de son commerce. Un compétiteur au nom reconnu s’est installé dans un édifice de l’autre côté de la rue, grâce à une subvention généreuse du gouvernement.

Elle est belle, intelligente, pleine d’énergie et l’avenir lui lance un clin d’œil, lui offrant une réussite assurée. Aujourd’hui, elle promène ses dix-huit ans et s’attire les regards de toute la gent masculine.

Quand je fais un retour en arrière, je réalise que vivre intensément est une drogue dont je ne peux me passer. Je déteste les journées vécues sans défi, sans risque, sans peur. J’aime m’engager dans toutes sortes d’avenues malgré les misères que j’impose à mon entourage. Très tôt, je fais souffrir ma mère. Je défie ses interdits.

Je suis un fumeur anonyme, car après trois ans sans fumer je me suis risqué à prendre une cigarette. Elle fut de trop. Toute ma vie, je resterai un fumeur.

J’ai fumé de neuf ans à soixante ans. Il y a trois ans, j’ai subi deux pontages. Les hommes dans ma famille ont des problèmes avec les artères tandis que les filles ont des problèmes avec le foie. Depuis l’âge de 30 ans, j’ai pratiqué toutes les diètes à la mode, parfois suivi par un médecin. J’ai aussi fait l’expérience d’un jeûne de dix jours. À mes soixante- quinze ans, j’ai décidé de ne plus manger de «chips» pour le restant de mes jours. Les «chips» me rendent trop vulnérable. Je peux dire que c’est beaucoup plus facile de m’en abstenir en prenant conscience de mes émotions que ce le fut d’arrêter la cigarette en me servant uniquement de ma volonté.

Ce matin, installé à la caisse d’un des dépanneurs de mon fils, je constate que nos clients sont en majorité des fumeurs. En jasant, je me rends compte qu’ils veulent tous arrêter de fumer mais qu’ils ont peur d’échouer. Ils entrevoient cette décision comme une épreuve difficile et surtout douloureuse. Plusieurs se sont essayés dans le passé, mais le deuil de la cigarette fut trop grand. L’échec a eu, pour plusieurs, une incidence sur leur estime de soi. La culpabilité s’est emparée d’eux. D’autres en diminuant l’importance de leur échec se reprendront plus tard.

Je leur propose mes petites pilules rouges qui permettent d’arrêter de fumer instantanément sans souffrance. Elles n’ont aucun effet secondaire. Ils voudraient bien y croire, mais ils sont, avec raison, très sceptiques. Je les informe que ce sont de petites pilules de volonté. Pour arrêter de fumer, il faut vraiment vouloir arrêter non pas simplement essayer. Il en est de même avec le surplus de poids. Il faut s’en tenir à la nourriture essentielle, rester sur notre appétit, bannir les extras non nécessaires nous poussant vers l’obésité et affectant grandement notre qualité de vie.

Mes choix de vie pour une meilleure santé et une plus grande qualité de vie furent pendant longtemps basés uniquement sur ma volonté avec des situations parfois très conflictuelles. Maintenant je fais appel à mes émotions. Écouter mes émotions est un atout précieux et un guide efficace pour prendre des décisions.

Dernièrement le hasard m’a permis de mettre la main sur un document écrit par Mike Fink, Master en Psychologie de Yale University, http://www.arreterde-fumer.com/. Je crois vraiment que l’aspect psychologique est la pierre angulaire de tout changement dans notre vie que ce soit pour la cigarette, pour la nourriture, pour la boisson ou tout autre changement. Je me souviens dans ma vie d’enseignant d’avoir dîné à 12h certaines années et à 11h d’autres années. Pourquoi lorsque le dîner était à 11h, j’avais faim à 11h et quand c’était à midi, j’avais faim à midi. C’est le psychologique
qui entre en cause. Le physique suit.

Comme le dit Fink, l’inconscient doit être en harmonie avec le conscient sinon, c’est la pagaille et sûrement la douleur qui suit. Pour certain ce sera la déprime, particulièrement pour ceux et celles dont l’organisme est plus vulnérable à des changements non désirés mais qu’ils trouvent nécessaires. Fink propose l’hypnose et la rend très accessible. Un sportif parlera de visualiser la situation pour la rendre conforme à ce qu’il doit faire et ainsi éviter les tiraillements. Le Curé parlera de méditation. Le motivateur nous incitera à vivre le moment présent. Le psychologue nous dira d’avoir les deux
pieds sur terre pour vivre dans l’harmonie avec nos émotions.

La décision doit suivre la recherche de l’harmonie et non la précéder.

Édition PDF du 11 juin

11 juin 2013-1

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