Pour tenter de comprendre la crise profonde qui secoue la zone aéroportuaire de Saint-Hubert et que révèle en surface la saga judicaire, voici une grille d’analyse que je vous propose aujourd’hui.

Cette grille prend l’allure d’un triangle dont les trois pointes représentent chacun des enjeux de la crise, soit le pôle social, le pôle économique et le pôle politique, chaque pôle comprenant deux sous-composantes.

  1. Ainsi, le pôle social est défendu par la population dela Rive-Sudsur qui retombent les conséquences de l’exploitation d’un aéroport en milieu urbain. Les deux sous-composantes de ce pôle social sont en soi conflictuelles : d’un côté logent les résidents immédiats de l’aéroport, disons entre 3 000 et 5 000 personnes, et de l’autre côté les travailleurs qui sont à l’emploi des entreprises aéronautiques, soit entre 3 000 emplois directs et des milliers d’autres emplois indirects.
  2. Le pôle économique est aussi bicéphale avec ses deux composantes concurrentielles : il y a le groupe des opérateurs d’écoles de pilotage, de transport et de services techniques et celui des développeurs industriels et commerciaux du Longueuil Inc. Les deux se chamaillent par avocats interposés autour d’un projet de terminal et de centre de services clef en mains ou FBO (Fixed-base operator).
  3. Le pôle politique, dont le rôle principal est la gouvernance, se subdivise en deux éléments principaux : d’abord l’autorité aéroportuaire elle-même personnifiée par l’organisme administratif à but non lucratif DASH-L; en second lieu, et non le moindre, se trouve le palier municipal dont la mission, il me semble, est de représenter sans partisannerie, le bien commun social et économique du territoire concerné. Les deux gouvernements supérieurs font aussi partie du pôle politique, mais seulement en termes techniques et réglementaires.

Comme dans la société en général, on peut ajouter un 4e pôle, ou quatrième roue à la charrette, celui des médias d’information. Leur rôle est de tenter, au-dessus de la mêlée, de clarifier les enjeux par des nouvelles, des reportages, des analyses et même des éditoriaux, dans le seul intérêt du bien commun.

Vous aurez remarqué que la recherche du bien commun  est l’apanage à la fois du palier politique et des médias d’information mais par des moyens très différents, les médias ne pouvant devenir des acteurs, mais devant se cantonner dans le rôle d’observateurs.

Autant on peut se poser des questions sur les lacunes de la couverture de presse actuelle, tant par la presse nationale que régionale, autant on pourrait aussi se demander si la situation actuelle, véritable triangle infernal avec ses six sous-composantes, pourrait s’assimiler à l’œuvre dramatique Vol au-dessus d’un nid de coucou, pour qualifier le vent de folie qui semble souffler sur l’aéroport de Saint-Hubert.

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