La volonté de l’Agglomération de Longueuil d’être reconnue à moyen terme comme une région administrative au même titre que la ville de Laval apparaît tout à fait légitime, d’autant plus que l’idée est dans l’air depuis le début des années 90 lorsque la Conférence des maires de la Rive-Sud en a fait la proposition pour un territoire beaucoup plus grand.

Il en a aussi été question en 2004 dans la foulée de la création des trois Conférences régionales des élus, ce qui a amorcé un certain mouvement de décentralisation vers le bas dans les relations entre le gouvernement du Québec et le palier municipal.

Lors du forum économique de septembre dernier, le projet de région administrative a refait surface, mais son ampleur n’avait pas été définie clairement jusqu’à ce que la présidente de l’agglomération de Longueuil Caroline St-Hilaire ne présente son mémoire dans le cadre du projet de loi 34 sur l’occupation du territoire.

En entrevue, Mme St-Hilaire a admis que le processus se ferait par étapes, consciente que des secteurs lourds comme la santé, les services sociaux et l’éducation ne pouvaient pas être transférés du jour au lendemain dans une nouvelle structure administrative.

Mais fort malencontreusement le débat de fond a dérapé sur un litige opposant Développement économique Longueuil et l’Association touristique de la Montérégie en matière de développement touristique, une fonction sujette à des chevauchements.

Or, à peu près partout au Québec, les associations touristiques régionales (ATR) sont des regroupements de gens d’affaires appartenant au secteur privé. Elles n’ont rien à voir avec la structure gouvernementale québécoise. Au sein de la Conférence administrative régionale regroupant les fonctionnaires de différents ministères, les ATR ne sont pas représentées. C’est la même situation pour les Conseils régionaux de la culture et des communications.

En tant qu’organisme privé financé en grande partie par des cotisations des entreprises touristiques et par des redevances volontaires sur les nuitées des hôtels, motels et auberges, Tourisme Montérégie a dit ne pas vouloir être victime d’une restructuration administrative entérinée par Québec. À moins d’une décision rapide du gouvernement actuel, on peut affirmer qu’il faudra attendre l’élection générale avant que le dossier progresse.

Toutefois, rien n’interdit à l’agglomération de Longueuil de poser les jalons d’une nouvelle structure, soit sous la forme d’une Association touristique régionale, d’un Office municipal de tourisme comme à Québec ou d’un Bureau des congrès et du tourisme comme il en a existé un sur la Rive-Sud de 1994 à 1997, ce qui placerait l’agglomération «sur la map». Entre-temps, il est à souhaiter que les deux organismes fassent la paix et travaillent ensemble.

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