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(Simon Dessureault) - Le porte-parole du Bloc Québécois en matière de finances et député d’Hochelaga, Daniel Paillé, était de passage jeudi à Bourcherville dans le cadre d’une tournée de consultations prébudgétaires qui le mènera aux quatre coins du Québec.
Pour l’occasion, il était en compagnie de la députée de Saint-Lambert, Josée Beaudin, du député de Longueuil–Pierre-Boucher, Jean Dorion, de la députée de Saint-Bruno–Saint-Hubert, Carole Lavallée, du député de Chambly–Borduas, Yves Lessard, et du député de Verchères–Les Patriotes, Luc Malo.
« Budget après budget, les intérêts et les priorités du Québec sont ignorés. Le dernier budget, par exemple, a été spécifiquement conçu en fonction de l’Ontario sans égard au Québec. Les politiques fiscale et environnementale d’Ottawa sont dans une large mesure conçues pour protéger l’industrie pétrolière de l’Alberta. Les transferts au Québec ont été plafonnés et le gouvernement refuse toujours de rendre justice au Québec en lui versant la compensation de 2,2 milliards de dollars pour l’harmonisation des taxes. Du côté des gens qui ont perdu leur emploi, il n’y a pratiquement aucune aide qui vient d’Ottawa, les changements à l’assurance-emploi ayant été élaborés en réponse aux besoins de l’Ontario et de l’Ouest canadien. De plus, le gouvernement conservateur a déjà annoncé qu’il n’y aurait aucune nouvelle mesure de relance dans le prochain budget, ce qui n’augure rien de bon pour le Québec », a déclaré M. Paillé.
« Cela étant dit, le Bloc Québécois continuera de défendre les intérêts du Québec et ira aussi loin que possible pour élargir la marge de manœuvre du Québec dans le Canada. En prévision du prochain budget, nous présentons, de bonne foi, des propositions concrètes et raisonnables pour le Québec. Au moment du budget, nous verrons si les conservateurs saisiront l’occasion pour le Québec », a poursuivi Daniel Paillé.
Toujours selon M. Paillé, les prévisionnistes annoncent que la croissance de l’économie québécoise sera en retard sur le reste du Canada en 2010.
Pour corriger le tir, le Bloc Québécois propose d’agir principalement sur trois fronts, soit identifier et mettre en place des mesures visant à assurer une relance vigoureuse et durable de l’économie québécoise; obliger Ottawa à être équitable envers le Québec en matière de transferts financiers et identifier des mesures de lutte au déficit qui s’attaquent d’abord et avant tout aux privilégiés et non pas à la population.
« Pour ce qui est de la relance, nous avons des propositions pour les secteurs forestier et manufacturier ainsi que pour les industries de pointe, en particulier l’aérospatiale et le pharmaceutique. De plus, il faut un plan crédible de lutte aux changements climatiques. Il est temps que le gouvernement impose des cibles contraignantes et absolues de réduction des GES selon une approche territoriale, c’est la seule façon d’assurer le démarrage de la bourse du carbone. Le gouvernement devrait aussi appuyer diverses initiatives pour favoriser l’occupation du territoire, notamment le projet de loi C-288 du Bloc Québécois qui vise à encourager le retour des jeunes en région. Nous souhaitons également qu’Ottawa transfère l’ensemble de ses budgets et de ses pouvoirs en matière de culture et de communications au Québec. Finalement, nous avons des propositions crédibles et chiffrées à soumettre aux Québécois en vue d’aider les chômeurs, les travailleurs âgés et les plus démunis », a précisé Daniel Paillé.
Équitabilité Québec/Ottawa
« Pour mettre fin à l’étouffement financier d’Ottawa envers l’État québécois, il faudra que le gouvernement Harper cesse de traficoter la formule de péréquation, qu’il rétablisse les transferts pour l’éducation et qu’il compense le Québec pour l’harmonisation des taxes. Les sommes dont on parle ici atteignent les milliards de dollars et sont absolument nécessaires pour l’État québécois. Stephen Harper pourrait commencer par respecter sa promesse brisée d’éliminer le supposé pouvoir fédéral de dépenser dès le prochain budget. D’ailleurs, le gouvernement conservateur serait bien avisé de s’occuper de ses propres responsabilités, plutôt que de perpétuer les intrusions dans les pouvoirs du Québec. Je pense notamment aux valeurs mobilières et au nouveau programme de bourses d’études fédérales dont la part du Québec doit être transférée sans condition », a enchaîné le député d’Hochelaga.
S’attaquer au déficit
« Pour ce qui est de la lutte au déficit, on devrait cibler les privilégiés plutôt que de toujours faire porter le fardeau à la classe moyenne et aux plus démunis de la société. Ainsi, nous pourrions imposer une surtaxe de 1 % à ceux qui ont un revenu de plus de 150 000 dollars. Nous songeons aussi à une super taxe imposée aux dirigeants d’entreprises qui peuvent encaisser des revenus démesurés par rapport au salarié moyen. Nous envisageons en outre de procéder à un examen approfondi des dépenses militaires, évaluées à 490 milliards de dollars pour les 20 prochaines années. Il faut également agir avec force contre l’utilisation des paradis fiscaux, même chose pour les pétrolières qui bénéficient de généreux privilèges fiscaux et qui doivent, elles aussi, contribuer à la lutte au déficit. Enfin, il y a moyen d’économiser des milliards dans les dépenses de fonctionnement d’Ottawa, et ce, sans réduire un seul transfert, sans couper un seul programme et sans congédier un seul fonctionnaire », a énuméré Daniel Paillé. |