De la nécessité d’intervenir pour atteindre la parité

Texte et photo : Véronique Pronovost – Doctorante en science politique, UQAM; Membre étudiante IREF et RÉQEF

Au début de mars, plus de 130 personnes ont participé au colloque « La parité, ça change le monde! », à Longueuil, organisé par le Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD). Animé par la journaliste Josée Boileau, l’événement a accueilli de nombreuses personnalités issues du milieu politique, dont la ministre québécoise responsable de la condition féminine, Hélène David, ainsi que la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, et celle de Longueuil Sylvie Parent.

Une prise de position ferme en faveur des quotas

De plus en plus, au sein de la classe politique, un certain consensus semble émerger en ce qui a trait à l’importance d’atteindre la parité au sein des sphères décisionnelles. Toutefois, de nombreux débats demeurent quant à la manière de combler ce déficit démocratique affectant la représentation des femmes. Il s’agit d’une question à laquelle le GFPD ainsi que leurs nombreuses invitées ont répondu à l’unisson en se positionnant pour l’adoption de quotas favorisant la diversité et amoindrissant l’effet des obstacles systémiques à l’origine de ce déséquilibre de représentation à Longueuil comme ailleurs, dans les comtés où les élections provinciales et fédérales se tiendront au cours des prochains mois.

De nombreux obstacles ont été discutés pendant cette journée d’échanges : double standard, stéréotypes de genre, « boys’ club », culture de confrontation, articulation travail-famille… la liste des freins systémiques à une participation pleine et entière des femmes à la vie politique demeure considérable tel que la directrice de l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), Rachel Chagnon, en a fait état dans son introduction au panel.

Un projet de loi à venir

Par ailleurs, Micheline Paradis, présidente du conseil d’administration du GFPD, a profité de cette journée pour annoncer que son organisation contribuerait au dépôt d’un projet de loi qui obligerait les partis politiques à présenter un nombre égal de candidates et de candidats aux élections. Appelée à réagir à cette annonce, la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie (TCGFM), un groupe de défense de droits représentant une trentaine d’organisations œuvrant pour les femmes, a dit voir d’un bon œil la proposition d’un projet de loi à cet effet. Toutefois, la directrice générale, Linda Crevier a mis en lumière ce qu’elle estime être les limites d’une telle initiative : « Nous croyons qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction afin que plus de femmes intègrent le domaine politique. Toutefois, nous sommes aussi conscientes que tant que nous ne travaillerons pas sur les problématiques de fond, c’est-à-dire les obstacles systémiques, les difficultés demeureront les mêmes pour les femmes qui choisiront de s’impliquer. »

L’objectif de tous demeure de permettre à la population de bénéficier d’une expertise féminine, ici à Longueuil comme partout au Québec.

(Sur la photo, Josée Boileau (à droite), l’animatrice de la journée, a profité des quelques minutes dont disposait Valérie Plante (à gauche), la mairesse de Montréal, pour l’interroger au sujet de l’épineuse question du double standard à laquelle de nombreuses femmes sont confrontée pendant leur carrière politique. )

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