Trump ou Clinton? Une élection aux effets imprévisibles…

Texte et photo: Pierre Turbis

Le 5 novembre, une trentaine de personnes ont participé à un café-rencontre animé par la politologue Monique Léveillé et son invité, l’éditorialiste au journal La Presse, Alexandre Sirois, afin de discuter des effets possibles du résultat des élections américaines ici-même à Longueuil.

Le principe du Collège électoral

Dans un premier temps, madame Léveillé a expliqué les différences majeures entre le mode de scrutin au Canada et celui qui est en vigueur chez nos voisins américains, la première étant la présence d’un Collège électoral. « Contrairement à notre premier ministre, le président des États-Unis n’est pas élu au suffrage universel; il est élu par le vote de ce qu’on appelle le Collège électoral. Selon ce processus, les 50 états sont répartis en fonction de la proportion de la population qu’ils représentent dans l’ensemble du pays. Sur les 538 voix au Collège électoral, un état populeux comme la Californie en aura 55 alors qu’un tout petit état comme le Maine en aura 4. Le chiffre magique à atteindre pour devenir président est de 270 voix. »

Le jour du vote, le candidat ayant le plus de voix au suffrage universel dans un état, peu importe le pourcentage de la majorité, remporte l’ensemble des voix de cet état au Collège électoral. Le candidat ayant obtenu une majorité de voix au Collège électoral est ensuite désigné président. Cela signifie qu’il est plus important pour un candidat de remporter les états populeux que les petits états. En conséquence, les candidats font davantage campagne dans les grands états que dans les petits…

Des effets chez nous

La seconde partie de la conférence a été principalement consacrée aux effets possibles dans notre région de l’élection de l’un ou l’autre des candidats. « Le premier élément à considérer est qu’à titre de chef des armées (Commander in Chief), le président est le seul à avoir accès au bouton qui pourrait déclencher une attaque nucléaire. Et une guerre nucléaire serait catastrophique pour le Canada », explique madame Léveillé.

De son côté, Alexandre Sirois a souligné que ceux que l’environnement préoccupe ont de bonnes raisons de craindre l’élection de Donald Trump, lequel a affirmé haut et fort que l’idée même d’un réchauffement climatique n’est pas sérieuse et relève d’un canular. « Un autre risque menace le Canada. Donald Trump a maintes fois diabolisé l’accord de libre-échange nord-américain et entend bien le modifier, sinon l’abolir. Nul ne sait ce qu’en seraient les effets chez nous. » Enfin, le PM Trudeau et Donald Trump ne partagent pas les mêmes valeurs, ce qui risquerait de refroidir les relations entre nos deux pays. L’élection de Donald Trump aurait des conséquences imprévisibles alors que madame Clinton s’est davantage inscrite dans la continuité…

Madame Léveillé et monsieur Sirois ont donné aux personnes présentes rendez-vous au début de la nouvelle année pour un autre café-conférence, au cours duquel on pourra discuter des résultats du scrutin présidentiel et de leurs conséquences, les prévisions ayant été remplacées par la réalité.

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