Témoignage – Les audiences de l’Office national de l’énergie (ONE)

Texte : Nicole Bussière – Alerte Pétrole Rive-Sud – Photo : Étienne Leblanc/Radio-Canada

J’y étais,
Ce lundi 29 août 2016 à 8h00 du matin, au Centre Mont-Royal pour accueillir les commissaires de l’ONE qui allaient débuter leurs audiences.
Quand je suis arrivée, il y avait déjà un groupe d’hommes avec des pancartes portant l’inscription « On supporte le projet Énergie-Est ». Ils étaient sur le trottoir devant l’entrée du Centre. Ils faisaient partie du local 144, un syndicat associé aux tuyauteurs et plombiers. Vous vous en doutez, eux, ils étaient POUR le projet.
De l’autre côté du trottoir, se tenait le  groupe représentant divers organismes écologistes tels le  Front Commun pour la transition énergétique, Greenpeace, Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec, Alerte Pétrole Rive-Sud (APRS). Eux, évidemment, étaient CONTRE le projet.
À un moment donné, tout ce beau monde (environ deux cents personnes) s’est retrouvé du même côté de la rue.
Étant placée juste en avant du groupe PRO-projet, j’entendais les commentaires de plusieurs d’entre eux. Voici en partie ce qu’ils disaient.
Ce projet allait  garantir des milliers de bons emplois pour longtemps.
Ce pétrole allait nous libérer du pétrole arabe.
Le pipeline serait beaucoup plus sécuritaire que le train et permettrait d’éviter d’autres catastrophes comme celle de Mégantic.
On ne pouvait pas se passer du pétrole, il était là pour rester longtemps.
Ce projet était essentiel pour faire marcher notre économie.
OUF!  Quelle mésinformation!
Puis, les porte-paroles des groupes ANTI-projet ont commencé à s’adresser aux médias ainsi qu’à la population présente.
Malheureusement, lorsqu’ils ou elles essayaient de parler pour expliquer leurs positions, le groupe PRO-projet se mettait à hurler « Les pipelines».
Et donc, il était impossible d’entendre les arguments.
QUEL DOMMAGE!

S’ils avaient écouté, ils auraient entendu des arguments démontrant tout le contraire de ce qu’ils croyaient.
Après la période de construction, seulement une trentaine d’emplois permanents seront créés.
Le pétrole que nous consommons provient de plus en plus des États-Unis, ensuite d’Algérie, de l’Angola, de la Norvège, etc. et non de l’Arabie.
L’oléoduc ne va pas remplacer les trains, il va s’y ajouter.
Le pétrole est une énergie non renouvelable, on peut encore l’utiliser mais avec parcimonie. Il faudra bien, tôt ou tard (espérons tôt) arrêter ce déni, voir la réalité et passer à d’autres sources d’énergie.
Plus de 80% du pétrole transporté par  l’oléoduc sera exporté et les profits iront surtout à des intérêts étrangers.
À aucun moment, je ne les ai entendus parler des effets néfastes et des dangers incommensurables que ce projet apportait : l’augmentation des gaz à effet de serre (GES) accélérant les dérèglements climatiques, les risques énormes de contamination de l’eau potable, des terres agricoles, de tout l’écosystème.
S’ils avaient écouté au lieu de crier, ils auraient alors peut-être compris que pendant qu’ils se battaient pour défendre leurs emplois (très temporaires), nous, nous nous battions pour favoriser la création d’emplois durables, pour défendre également leur qualité de vie et celle de leurs enfants, pour défendre la vie  dans son ensemble sur notre planète, notre mère la Terre.
Comme citoyenne de l’agglomération de Longueuil et de Boucherville, je me sens concernée par ce projet, car les effets néfastes inhérents à sa réalisation se feront sentir, sans l’ombre d’un doute, jusque chez moi, et … jusque chez vous.

Nicole Bussière – Alerte Pétrole Rive-Sud

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