L’ombrelle de Gabriel

Yvan Parent, chroniqueur.

Voilà sept ans, Gabriel se rend à l’Institut de Cardiologie de Montréal et y subit trois pontages. Quelques semaines plus tard, il peut reprendre sa vie comme auparavant. Cette fois-ci, après une échographie demandée par son cardiologue, il constate lors de sa marche quotidienne que sa condition de vie s’est détériorée. Il doit s’arrêter à toutes les deux rues pour enrayer l’essoufflement.
Il part donc avec son fils Éric vers l’institut et y subit une autre intervention au cœur, mais cette fois le chirurgien procède sans anesthésie. Gabriel sera conscient tout au long de l’intervention qui se fera par l’introduction d’un cathéter à partir du poignet vers le cœur. Le spécialiste lui réparera une artère détériorée.
Lors d’une autre visite à l’institut, la Docteure, spécialisée en médecine interne, diagnostique que son patient Gabriel souffre d’arthrite rhumatoïde, une maladie non guérissable, mais dont les douleurs peuvent être endormies par la médicamentation. Gabriel sera suivi par une excellente rhumatologue à l’hôpital Charles-Lemoyne. Les débuts de son traitement se font avec de la cortisone, mais à cause des conséquences nuisibles de ce médicament, Gabriel heureusement pourra profiter d’un autre médicament très dispendieux, mais assumé par le régime de santé du Québec. Il retrouve sa forme d’autrefois.
Gabriel se rappelle Hélène la petite voisine, une très jeune fille de quatre an, qui autrefois fut soignée avec de la cortisone, car ses douleurs étaient grandes. Elle devint enflée et perdit la vie à un âge qui nous appelle plutôt à vivre qu’à quitter notre monde. Cette jeune fille connaissait le nom de tous ses médicaments et de ceux qui la soignaient. Dotée d’une intelligence vive, elle aurait sans doute contribué à l’amélioration de la santé chez ses concitoyens.
La mère de Gabriel fut accablée par cette maladie pendant plusieurs années. Pour enrayer la douleur, elle prenait 20 aspirines par jour. Les médecins et leurs patients ne pouvaient pas profiter d’un médicament pour vaincre la douleur comme il s’en fait aujourd’hui.
Présentement Gabriel termine son traitement à la cortisone. Il a commencé depuis quelques semaines un traitement par injection. Toutes les deux semaines, il s’injecte lui-même ce médicament. À sa première injection, il fut assisté par une infirmière, ce qui le rassura. L’infirmière l’a sensibilisé fortement à se protéger du soleil avec une crème spéciale sinon il y a risque de cancer.
Gabriel n’aime pas être obligé de se barbouiller de crème plus d’une fois par jour. Sur la recommandation de sa femme, il décide plutôt de se protéger du soleil avec une ombrelle. Il peut donc continuer sa marche quotidienne d’une heure tout en se protégeant du soleil.
Avec le traitement du médicament Humira, il peut continuer sa vie comme avant c’est-à-dire sans douleurs. Il se rappelle les deux crises aiguës qui l’empêchaient de s’adonner à ses activités normales, car la douleur l’affectait beaucoup. Il était incapable d’ouvrir les portes dans sa maison, car il n’avait plus de force pour tourner la poignée.
À l’aube de devenir un octogénaire, Gabriel apprécie la vie. Il espère la prolonger encore longtemps pour pouvoir terminer le livre qui est en train d’écrire et qui s’intitulera : LA VIE DE GABRIEL.
Malgré l’âge avancé, il est toujours intéressant d’avoir un projet qui nous tient à cœur et qui nous transporte d’une journée à l’autre sur le chemin de la réalisation de soi. La vie continue alors à nous combler en nous permettant de nous sentir utiles.
La vie de Gabriel ramasse tous les souvenirs accumulés tout au long de sept décennies. Cette vie remplie d’émotions de toutes sortes ressemble sans doute à d’autres vies tout aussi intéressantes. Nous devons être convaincus que chaque citoyen sur cette terre apporte une contribution importante en se réalisant jour après jour même si ça ne fait pas les manchettes des journaux.
Le sourire d’une personne peut contribuer à donner du bonheur à une personne anonyme, à un ami, à un membre de la famille. Le sourire est une pièce maîtresse dans la vie. Souvent nous oublions de nous en servir pour le distribuer à ceux que nous rencontrons sur notre chemin. Les hommes savent vraiment que le sourire d’une femme peut transformer une vie en la rendant instantanément intéressante.
Je me rappelle toujours cet étudiant qui n’avait pas su attirer l’attention d’une très jolie fille en se justifiant qu’il ne la connaissait pas. Je lui avais donné comme consigne que pour connaître une personne étrangère, il suffisait de lui adresser la parole sans se préoccuper de sa réaction à venir. Qu’un des grands plaisirs de la vie, c’est la communication entre deux personnes.
Aujourd’hui, plusieurs attendent après leur iPhone croyant y trouver le bonheur alors qu’une personne à côté d’eux pourrait répondre à ce besoin.

mgrparent@hotmail.com

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