Qui fait quoi en immigration?

Texte : Gérard Deschênes, Président du CA de la MIRS.

Responsabilité partagée(1)

Depuis l’Entente Couture-Cullen(1978) qui a inspiré l’Accord Canada-Québec relatif à l’immigration et à l’admission temporaire des aubains(1991), au Québec l’immigration est assujettie à un partage de responsabilités entre les deux niveaux de gouvernement. Pour l’immigration permanente, Québec détermine le nombre de personnes immigrantes qu’il désire accueillir et assume la responsabilité exclusive de sélectionner les candidates et candidats désirant immigrer au Québec. Pour 2015, cela a représenté 72,5 % des personnes immigrantes admises. Il est important de rappeler qu’un des objectifs déterminants ayant supporté l’accord de 1991 était de « …fournir au Québec de nouveaux moyens de préserver son poids démographiques au sein du Canada ». Le Gouvernement du Québec a accepté  la responsabilité exclusive de mettre en œuvre les meilleurs programmes de francisation et d’y attribuer les ressources suffisantes afin que les immigrants puissent vivre et travailler en français le plus rapidement possible  .

Partenariat communautaire(2)
Pour assumer ses responsabilités politiques, le Ministère Immigration, Diversité et Inclusion (MIDI) s’associe à des partenaires repartis sur tout le territoire du Québec qu’il finance en partie. Ces organismes communautaires soutiennent  les nouveaux arrivants dans leurs démarches d’intégration à la société québécoise et offrent divers services gratuits tels l’aide à la recherche de logement, information pour l’obtention des documents administratifs, information sur les services publics, cours de français, soutien à des clientèles particulières, médiation interculturelle, etc.

La Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes(TCRI) regroupe  une centaine d’organismes (dont la MIRS) pour maintenir, le dialogue et la concertation avec les autorités gouvernementales afin d’assurer une coopération constructive entre les organismes communautaires du secteur immigration et intégration et les différents paliers gouvernementaux et ce, au profit des droits et de l’accès aux services pour les personnes réfugiées, immigrantes et sans statut au Québec.

La Maison Internationale de la Rive-Sud(3) en action.
Le 31 mai dernier, la Maison Internationale de la Rive-sud (MIRS)(3) invitait ses membres et ses partenaires à sa 41e assemblée générale annuelle. À cette occasion, la MIRS faisait rapport de ses activités et de sa situation financière. Il me fait plaisir de présenter quelques réalisations de l’année 2015-2016 et souligner, par le fait même, l’engagement et le professionnalisme de la direction et de l’équipe d’employés de la MIRS.
Le service Accueil et Soutien à l’établissement, autour duquel gravitent tous les autres services de la MIRS, a desservi 2815 personnes – dont 135 réfugiés publics – originaires de 89 pays différents. Pour ce qui est du service Francisation offert en partenariat avec le MIDI, 269 étudiants à temps plein et 1498 étudiants à partiel ont reçu une formation les aidant à devenir autonome et fonctionnel dans leur communication en français. Dans le cadre du programme Expérience Canadienne de Travail, 28 jeunes candidats ont été placés en emploi leur permettant ainsi de faire découvrir aux employeurs les compétences de jeunes immigrants et briser certains préjugés pouvant exister à leur égard. Quant au service Aide à l’emploi, offert  en partenariat avec Emploi-Québec, 30 personnes ont été placées ou sont retournées aux études.

Depuis sa création, la MIRS est très engagée envers le volet social  Famille, École et Société  de sa mission. Un grand nombre de projets, de dossiers et d’interventions touchent cette dimension incontournable de l’accueil et de l’intégration des nouveaux arrivants. Interventions auprès du Centre Jeunesse Montérégie et des écoles du territoire de la CSMV, collaboration à la Clinique Santé des réfugiés, disponibilité d’une Banque d’interprètes de la Rive-sud sont autant de ressources mises à la disposition des nouveaux arrivants et des services publics. Aussi, soucieuse de la situation des ainés immigrants sur le territoire, la MIRS a créé le Café des Ainés un lieu dédié principalement à les sortir de leur isolement, à mieux connaître leurs besoins et attentes et à permettre aux organismes du milieu d’établir un dialogue avec cette clientèle. La Halte-Garderie Les Petits de la MIRS permet aux parents utilisateurs des services de la MIRS de bénéficier d’un service très utile dans leur situation. L’offre de services comprend, entre autres, l’organisation d’un camp de vacances familiales, la clinique d’impôt, les ateliers de préparation à l’examen de citoyenneté canadienne, les cours de langues, la location d’espaces, les services de traduction et d’interprétariat.

Selon l’ONU, en 2013, 232 millions de personnes ne résidaient pas dans leur pays de naissance soit 3,3 % de la population mondiale. Les migrations de personnes sont un phénomène en croissance et le Canada et le Québec y apportent ainsi leur contribution.

 

(1)  Source : La planification de l’immigration au Québec pour la période 2017-2019,  Cahier de consultation, Ministère de l’immigration, de la Diversité et de l’inclusion, 2016.
(2)  http://tcri.qc.ca/
(3)http://www.mirs.qc.ca/documents/MIRS_Rapport_Annuel_2015.pdf

Gérard Deschênes, Président du CA de la MIRS

Laisser un commentaire

You must be logged in to post a comment.