L’amélanchier : un trésor à faire pousser dans nos villes

Texte : Monique Hains, chroniqueuse en environnement.

Je suis toujours surprise de constater que certaines personnes ont un trésor à portée de main et qu’elles n’en profitent pas. Et j’ai nommé : l’amélanchier.

Trop de gens qui ont un amélanchier sur leur terrain – propriétaires ou locataires – boudent le fruit, croyant qu’il n’est bon que pour les oiseaux. Quel dommage et quelle perte d’une ressource alimentaire précieuse.

Ce gros arbuste produit une délicieuse baie violet foncé, surnommé « petite poire». Le goût s’apparente à celui du bleuet et sa petite graine rappelle l’amande. Quel régal nature, en velouté, confitures, gelée ou desserts ! De plus, il est riche en antioxydants, fer, manganèse, magnésium, etc.

Saviez-vous que des producteurs québécois produisent maintenant des amélanches vendues sur la Rive-Sud  de Montréal ?

Un arbuste magnifique et de culture facile

Les feuilles de l’amélanchier sont vert foncé et deviennent jaune-orangé l’automne. La floraison blanche, avant le feuillage, est spectaculaire au printemps mais de courte durée.

L’amélanchier est indigène : il pousse naturellement dans les boisés et forêts du Québec. Adapté à notre climat – jusqu’à -40 – il ne court aucun risque de gel par chez nous.

Cet arbuste ne nécessite aucun entretien particulier contrairement à d’autres arbres fruitiers. On peut facilement le tailler pour le maintenir à une grosseur réduite afin de faciliter la cueillette des fruits.

Il y en a pour tous : oiseaux et humains

Les oiseaux raffolent des fruits! Envelopper l’arbuste d’un filet durant les premières années est une solution. Une fois poussé à sa pleine grandeur (6 mètres de haut, 8 mètres de large), la production,  très abondante, permet de la partager avec la gent ailée.

Il y a quelques années, au printemps, j’ai planté un amélanchier à Longueuil. Dès l’année suivante, j’ai eu la joie de profiter d’une petite récolte de fruits.

Ramener l’agriculture en ville

Beaucoup de nos aliments voyagent des milliers de kilomètres avant d’arriver dans nos assiettes. Ce transport est une des sources importantes de gaz à effet de serre (GES) causant le changement climatique.

Or, les inondations et sécheresses reliées au changement climatique causent déjà des pertes importantes de production alimentaire dans de nombreuses régions du monde, notamment dans l’Ouest américain.

Le prix des aliments augmentera, pour nous aussi. Comment garantir une alimentation saine aux citoyens moins fortunés?  Rapprocher la production agricole des consommateurs et remplacer les fruits provenant de l’étranger par nos fruits québécois s’imposera graduellement comme choix naturel.

Des amélanchiers dans nos parcs pour les moins fortunés ?

Dans certains parcs de Montréal, on trouve des amélanchiers et autres arbres fruitiers. Toute personne peut en cueillir les fruits. Quelle joie pour les enfants… et les adultes!

Des amélanchiers dans nos parcs urbains pour permettre aux moins fortunées de se procurer des fruits gratuitement. Pourquoi pas! Et pour la beauté au printemps et à l’automne. Vivement que les Villes de l’Agglomération s’y mettent!

Un roman et un film

En 1970, Jacques Ferron a écrit un magnifique petit roman : L’amélanchier. Ce grand écrivain québécois a longtemps pratiqué la médecine dans la ville de Jacques-Cartier, fusionné à Longueuil en 1969. Gilles Vigneault avait joué le rôle du père dans Tinamer, adaptation cinématographique du roman en 1986.

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