Enlever les freins

Texte : Gérard Deschênes, président du CA de la Maison Internationale de la Rive-Sud.

Le sujet revient sans cesse et nous ne nous en préoccuperons jamais trop. Pour les personne immigrantes, trouver un emploi à la hauteur de leurs attentes et à la mesure de leurs compétences représente l’étape déterminante dans leur projet de citoyenneté  à part entière de notre pays.

Dans sa dernière étude¹, la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain (http://www.ccmm.qc.ca/) s’intéresse aux enjeux des  travailleurs immigrants quant à  l’accès à des  postes de gestionnaires. Cette étude est fort instructive et fournit des éléments de réflexion qui sont aussi pertinents dans les cas des personnes immigrantes à la recherche d’un emploi.

D’abord, il est utile de redire que le Québec (représenté par Montréal dans cette étude) peine plus que d’autres provinces à intégrer au marché du travail ses immigrants. Le taux de chômage des immigrants arrivés au Canada depuis 5 ans et moins est de 18,5 % à Montréal, 14,7 % à Toronto, 13,7 % à Vancouver et 12,9 % au Canada. Au Québec, il semble plus difficile pour un nouvel arrivant de faire reconnaître un diplôme ou de l’expérience acquise à l’étranger ce qui expliquerait, entre autres, le taux de chômage des immigrants plus élevé qu’ailleurs au Canada. Allez comprendre pourquoi! Une  partie de la solution, selon moi, pourrait se trouver du coté des secteurs publics,  parapublics et municipaux.

L’étude de la CCMM s’intéresse aux principaux obstacles à l’embauche d’immigrants dans des emplois de gestionnaires. Selon les représentants des entreprises consultées, quatre obstacles sont fréquemment mentionnés :
La maîtrise insuffisante du français;
La maîtrise limitée de l’anglais des affaires;
Les barrières culturelles et les difficultés d’intégration qui varient selon le pays d’origine des personnes immigrantes;
Une expérience pertinente insuffisante ou non reconnue qui pourrait découler de la difficulté des employeurs à évaluer correctement la formation et les acquis des candidats n’ayant pas de points de référence.

Il semble que ces freins à la progression professionnelle des immigrants jouent également pour  les personnes immigrantes qui cherchent de l’emploi.

Parmi d’autres sujets  de l’étude de la CCMM, notons une intéressante typologie d’entreprises qui font bonne figure en matière de gestion de la diversité culturelle. Les trois profils types sont les suivants (ce sont les titres de l’étude) :

L’entreprise au leadership concerné et impliqué : ces championnes de la gestion de la diversité culturelle, en commençant par leurs dirigeants, ont intégré à leur fonctionnement une panoplie d’activités d’accueil et d’accommodement au bénéfice de leurs employés immigrants; elles ont la diversité totalement intégrée dans leur culture et leur pratiques de gestion, dans leur ADN mentionne l’étude;

L’entreprise orientée sur son marché: pour ces entreprises, ayant généralement des activités internationales, l’embauche d’employés immigrants leur permet d’optimiser la communication-client qui est naturellement multiculturelles;

L’entreprise en pénurie de personnel : pour ces entreprises, cela peut être une question vitale, il s’agit de combler des besoins  de main d’œuvre souvent dans des domaines de compétences spécialisées.

Il va de soi que la grande région économique de la Rive-Sud montréalaise est certainement en mesure, elle-aussi, de dégager une typologie semblable d’entreprises ayant des motivations affirmées à embaucher des candidats issus de l’immigration. Mais encore faudra-t-il que les personnes immigrantes cherchant de l’emploi, après une sérieuse préparation personnelle à comprendre et répondre aux  besoins du marché du travail, soient orientées vers ces entreprises à haut potentiel de diversité culturelle et que ces entreprises fassent connaître leurs intentions et leurs meilleures pratiques de gestion de la diversité.

Gérard Deschênes,
Président du CA de la Maison Internationale de la Rive-Sud.

1  Les immigrants : en bonne position pour accéder à des postes stratégiques, mai 2016

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