Les messages de Mère Nature

Texte : Madame Élisabeth Belhumeur de Boucherville.

Les victimes de catastrophes naturelles, à l’instar des victimes survivantes de la guerre, sont des individus qui se retrouvent sans maison, réfugiés malgré eux, séparés de leurs proches, dépossédés de leurs repères, défaits.

On ne peut d’emblée attribuer les feux de forêt en Alberta au réchauffement climatique. Les incendies sont un phénomène naturel des forêts boréales. Ce qu’on remarque toutefois, c’est que la température enregistrée à Fort McMurray était de 33oC  au début des incendies, alors que normalement, au mois de mai elle tourne autour de 16oC. À noter également, la sécheresse du couvert forestier (surtout des résineux) due aux faibles précipitations de l’hiver et du printemps, ainsi que les vents forts. Ces conditions extrêmes ont été des facteurs aggravants.

« On ne peut vaincre la nature qu’en lui obéissant», Francis Bacon

Depuis des décennies, des milliers de scientifiques et climatologues ont démontré que les changements climatiques sont causés par l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère et que l’activité humaine en est responsable, par l’utilisation des énergies fossile. Les GES sont produits par l’extraction, le raffinage, le transport mais surtout la combustion (75% à 85%) du charbon, du pétrole et du gaz.

L’humain serait-il comme la grenouille qui se laisse ébouillanter par une eau réchauffée graduellement? Pluies abondantes, absence de neige, forts vents et canicules nous apparaissent comme des caprices de la météo et nous nous y habituons. De plus en plus, «mère Nature» nous lance des messages à travers les sécheresses, les inondations, les tempêtes et les feux de forêts, mais nous ne l’écoutons pas.

La transition au plus vite

Combien faudra-t-il encore de catastrophes où tant de personnes souffriront de la destruction de leur environnement vital avant que les décideurs choisissent le bien commun et la survie des peuples et de  leur environnement?

L’inaction est un grand danger car parallèlement aux émissions de GES en croissance constante, le réchauffement ne cesse d’augmenter et risque fort d’atteindre son point de non retour où l’humain n’y pourra plus rien.

Le mois de février 2016 a été le plus chaud jamais enregistré sur la planète : 20°C de plus par rapport à la période préindustrielle. Les climatologues les plus endurcis sont ébranlés par la vitesse du réchauffement!
Bien sûr, l’abandon total des énergies fossiles ne peut se faire à court terme. Nous ne cesserons pas d’utiliser nos automobiles du jour au lendemain. Mais quand sera le bon moment pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables ?

L’oléoduc Énergie Est à l’encontre de la transition

En avril, j’ai participé à la consultation du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) sur le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada. Accepter ce projet retarderait encore la transition énergétique.
Avec un débit de 1.1 million de barils de pétrole par jour durant 50-60 ans, le pipeline servirait surtout à exporter le pétrole pour contenter les compagnies impliquées dans les sables bitumineux qui veulent tripler leur production d’ici 30 ans. De tous les types de pétroles, celui-là produit le plus de GES.

Continuer à développer les sables bitumineux va à l’encontre de l’engagement de la communauté internationale à Paris en décembre de maintenir le réchauffement bien en dessous de 2°C.

L’accélération du réchauffement met en péril les fondements mêmes de la vie et des civilisations. Nous n’avons pas de pouvoir sur les catastrophes naturelles, mais nous en avons sur les activités humaines qui génèrent le réchauffement du climat. Nos dirigeants ont la responsabilité et le devoir d’agir et nous avons le devoir citoyen de leur rappeler. Car vivre dans un environnement sain n’est pas un rêve, c’est un droit, le droit de chaque être humain.

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