L’énergique et courageuse Louise

Texte : Yvan Parent, chroniqueur.

Demain, elle célébrera ses quatre-vingts ans et on peut vraiment dire que c’est une battante. Ce qui la définit le mieux, c’est sa facilité de communication avec tous ceux et celles qui se retrouvent sur son chemin. Elle les écoute, elle entend leurs doléances ainsi que leurs bons coups et elle devient rapidement une amie qui reçoit leurs secrets. Par ses conseils, Louise participe à ces petits bonheurs qui agrémentent parfois leurs jours sombres.

On ne peut dire que l’école répond à ses besoins, mais tout au long de sa vie elle s’organise et profite brillamment des talents qu’elle a reçus. Sa grande curiosité lui joue parfois des tours, mais dans d’autres situations, Louise s’en sert pour vivre des moments qui la surprennent et lui rendent la vie agréable.

Cette semaine-là, Louise qui est prête à tout, pourvu qu’elle ne soit pas à l’école, se croit bénie des Dieux ; la maladie l’empêche d’être en classe, car elle est devenue contagieuse à cause de la scarlatine. Quel plaisir de ne pas se rendre à l’école tous les jours! Sa mère se rend régulièrement la visiter à l’hôpital Pasteur. Un séjour qui durera quarante jours. Le personnel de l’hôpital, d’un autre côté, constate que Louise les occupe beaucoup. Elle déborde d’énergie.

Louise s’intéresse beaucoup à son entourage. Quand les gens disent : c’est la p’tite Parent. On sait de qui ils parlent! Louise connaît tout le monde et tout le monde la connaît. Sa famille préférée ce sont les Lagacé. Elle a une façon de nous en parler en ajoutant une syllabe qu’il n’est pas approprié de mentionner.

L’école est finie! Ouf ! Pour son premier emploi, elle travaillera entre autres dans la chambre noire chez Photo Labelle installé dans le vieux quartier de la Longue-Pointe. Elle y travaillera jusqu’à la fermeture de l’entreprise due au développement des nouvelles technologies. Le lendemain de son licenciement, elle trouve immédiatement un autre emploi à la pharmacie de la place. Devenue caissière, elle se spécialise dans la vente de produits de beauté. Elle est très heureuse, car elle revoit régulièrement les gens de la place et ceux-ci sont contents d’être servis par leur préférée.

Louise participe quotidiennement à recevoir et à transmettre les nouvelles du village. On pourrait la qualifier de journaliste de tradition orale. La clientèle souhaite aussi être servie par Louise, car les clients sont curieux de ce qui se vit au village. C’est un accident, un décès, un mariage… Les gens sont heureux de connaître ce qui passe dans le quartier.
Grâce à son premier conjoint, Louise a fait le tour d’une partie de la province. Son mari Jean par son travail dans l’imprimerie et particulièrement dans les journaux lui a fait connaître quelques villes sur la Rive-Sud et sur la Rive-Nord comme Saint-Hyacinthe, Granby, Sherbrooke et Saint-Jérôme. À leur retour à Montréal, Louise collabore avec son conjoint Jean dans son entreprise d’entretien de petites fournaises à l’huile. Louise connaît bien les habitudes de celui-ci et sait où le rejoindre lors d’une urgence.

Louise accorde une grande importance à sa famille. Ses enfants sont de l’or en barre et ceux-ci s’occupent beaucoup de leur mère. Chacun d’eux participe à sa façon en rendant la vie intéressante à sa mère soit en l’aidant dans l’aménagement de son logement, soit en l’invitant à aller voir son frère, cette ancienne vedette des Flyers qui vit à Philadelphie, ou tout simplement en lui téléphonant pour prendre de ses nouvelles. Elle a déjà pleuré pour ses enfants, mais elle s’est aussi réjouie pour eux.
Après le décès de sa mère, Louise déménage avec sa famille dans la maison de son père accédant ainsi à la demande de ce dernier. Ce fut bon pour elle, pour sa famille et pour son père. Ça ne réussit pas tout le temps ces arrangements, mais dans ce cas-ci, ce fut une réussite.

C’est par ses contacts téléphoniques réguliers avec son frère Bernard que Louise informa ce dernier que les deux frères et les deux beaux-frères dînaient ensemble quatre fois par année. Malheureusement, son conjoint Jean et son frère Jacques quittèrent pour un autre monde quelques semaines après un séjour à quatre dans une pourvoirie, un cadeau de Bernard fait à la dernière minute.

Louise et son nouveau conjoint Jacques se sont fréquentés pendant plusieurs années. Jacques s’est vraiment occupé de Louise. Ils ne vivaient pas ensemble, mais ils étaient proches. Que de souvenirs ont-ils partagés ensemble! Jacques a gratifié Louise de plusieurs belles sorties et de bons repas dans de bons restaurants.

Bonne fête et longue vie, Louise! Ta résilience et ton grand désir de vivre te permettent de passer la tête haute à travers les épreuves et les aléas de la vie.

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