Refuge sécuritaire recherché

Texte : Gérard Deschènes, chroniqueur, président du C.A. de la MIRS – image: washingtonpost

Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) des Nations Unies (http://unhcr.org/556725e69), en 2015, il y avait dans le monde 59,5 millions de personnes déplacées en quête de refuge et de sécurité dû aux guerres, aux conflits raciaux et aux persécutions. Et de ce nombre, 14,4 millions de personnes étaient des réfugiés dont 51% étaient des enfants de moins de 18 ans.

46% des personnes réfugiées se trouvaient dans des régions du monde et des pays économiquement faibles et peu développés tel la Turquie, le Pakistan, le Liban, l’Iran, l’Éthiopie et la Jordanie. En 2015, la guerre syrienne a généré le plus important déplacement de populations jamais enregistré à travers le monde soit 7,6 millions de personnes déplacées sur le territoire syrien et près de 4 millions de réfugiés.

Le Canada, en tant que signataire de la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés, reconnaît ses obligations envers les réfugiés et une proportion importante des immigrants accueillis au Canada sont dans cette situation.

C’est donc dans ce contexte politique que la Maison Internationale de la Rive-Sud (MIRS), dans le cadre de son mandat d’accueillir et de faciliter l’installation et l’intégration des réfugiés publics, prend en charge environ 100 réfugiés publics bon an mal an. La MIRS dispose ainsi d’une équipe chevronnée d’intervenants et d’intervenantes qui vont voir à fournir, dès leur arrivée au pays, l’aide et le soutien à ces familles qui subissent souvent depuis des mois, voire des années, des conditions de vie misérables et traumatisantes.

Au cours des derniers mois, la crise des réfugiés syriens aura contribué à nous faire découvrir les conditions inhumaines vécues par ces hommes, ces femmes et ces enfants. Ils ont d’abord du fuir leur foyer puis tenter de trouver des pays voulant bien les accepter. Lors de la  préparation de cette chronique, j’ai demandé à madame Virginia Cisneros, cheffe de département Accueil, Intégration et Vie associative,  de décrire les premiers jours d’une famille réfugiée et du travail de la personne intervenante choisie selon la langue des arrivants. En voici les grandes lignes :

Accueillir (à toute heure du jour ou de la nuit) et faire connaissance avec les membres de la famille réfugiée à l’hôtel désigné pour leur 2-3 premières semaines, le temps de trouver un appartement; il est clair que ces premières semaines de vie en hôtel ne fournissent pas l’environnement idéal pour la vie en famille et la MIRS caresse le projet d’acquérir une résidence qui permettrait déjà aux familles, dès leur arrivée, de se retrouver dans un environnement convivial et reposant et qui faciliterait grandement le travail des intervenants;

Le lendemain, à la MIRS, les premières procédures administratives : confirmation de résidence permanente, inscription à la RAMQ, demande de NAS s’il n’y a pas de problèmes de santé sinon il y a référence au CLSC, demande d’aide sociale;

Les jours suivants, visites de logement, ouverture d’un compte bancaire, au besoin achat urgent de vêtements, présentation de l’environnement immédiat dans lequel la famille sera appelée à vivre;

Une fois le logement convenable  trouvé, signature du bail, commande par la MIRS des meubles de base et du matériel nécessaire tel couvertures, serviettes, vaisselle, etc.;

Installation de la famille, première épicerie avec toute l’information requise sur les aliments, les méthodes de cuisine,

Quelques jours plus tard, le bilan de santé, inscription des enfants à l’école, aux cours de francisation pour les adultes, autres procédures administratives (demande d’allocations familiales par exemple).

Mais malgré le dévouement et la compétence des employés des gouvernements et des organismes d’immigration comme la MIRS, les personnes réfugiées ne sont pas au bout de leur peine une fois installées dans le pays d’accueil.

Elles devront vivre l’isolement souvent même vis-à-vis de compatriotes, entendre les préjugés et les mythes qui leur sont accolés, surmonter les difficultés quotidiennes de faibles revenus dans des boulots bien loin de leur formation et, c’est inévitable, faire le deuil d’un retour possible dans leur pays et de la séparation d’avec leur famille.

La Journée des droits des réfugiés est fêtée le 4 avril au Canada afin de marquer l’anniversaire de l’arrêt Singh rendu en 1985 par la Cour Suprême. Cet arrêt a reconnu que la charte canadienne des droits et libertés protège les droits fondamentaux des réfugiés (ccrweb.ca).

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