Rainette faux-grillon, participer à une activité passionnante !

Texte : Monique Hains, chroniqueuse en environnement.

Depuis 2004, l’organisme environnemental Ciel et Terre coordonne une activité plutôt rare : des inventaires printaniers des habitats d’une petite grenouille, la rainette faux-grillon. Ça se passe sur la Rive-Sud et ailleurs en Montérégie. À deux reprises, j’ai participé comme bénévole. Je vous invite à en faire autant, c’est passionnant!

Une sortie sur le terrain se fait à deux : un-e bénévole accompagne un-e spécialiste. On note l’intensité du chant, la température de l’eau, la localisation, etc.  On est en pleine nature et parfois même, on a un sentiment d’exotisme. La rainette faux-grillon se reproduit dans de petits ou grands étangs asséchés durant une partie de l’année, des  «des étangs temporaires ».  Pas des endroits que le commun des mortels fréquente…

Cette année, parmi les spécialistes aux inventaires, il y aura Isabelle Picard, biologiste et co-auteure du guide Poissons d’eau douce du Québec et des Maritimes, Geneviève Audet, biologiste et présidente de Ciel et Terre et Tommy Montpetit, citoyen défenseur des milieux naturels.

Comme bénévole, j’ai appris des tas de choses fascinantes. Pourquoi écouter le chant? C’est la manière la plus facile d’identifier les amphibiens : chaque espèce a son chant bien distinct, facile à reconnaître. Celui de la rainette faux-grillon rappelle le son d’un… grillon. Pourquoi faire l’identification au printemps? C’est à ce moment que les mâles chantent pour attirer les femelles. Pourquoi chausser des bottes imperméables et chaudes (Ciel et Terre en prête)? La rainette faux-grillon est la première espèce d’amphibien à chanter au printemps alors qu’il  reste encore de la neige fondante dans les sous-bois. Pourquoi protéger la rainette faux-grillon? Les espèces vivantes vivent en relation les unes avec les autres et la planète vit présentement une 6e extinction massive d’espèces – cette fois, due aux activités humaines – qui menace la survie même de l’humanité.

La rainette et les milieux humides en danger

Les précieuses données recueillies lors des inventaires servent à faire protéger les habitats de la rainette faux-grillon, qui abritent aussi plusieurs autres espèces animales et végétales rares ou en danger. En 1992, le Canada a signé la Convention internationale sur la biodiversité qui oblige les pays signataires à protéger leurs espèces vivantes.  La rainette faux-grillon est désignée « menacée » au niveau fédéral et « vulnérable » au niveau provincial (un cran plus bas, allez savoir pourquoi).
Depuis les années ’50 en Montérégie, la construction et l’agriculture ont détruit la majorité des  milieux humides : marais, marécages, tourbières et étangs temporaires. Pourtant ce sont des pouponnières de vie très riches. Ils servent aussi d’usine d’épuration naturelle de l’eau et  diminuent l’impact des fortes pluies en retenant l’eau comme des éponges, limitant les débordements de cours d’eau. Qui ne se souvient pas des inondations à Saint-Jean-sur-Richelieu?
Séance de formation le 13 mars à Longueuil.

Les bénévoles qui souhaitent participer aux inventaires sont invités-es à assister à une séance de formation (très enrichissante),  le dimanche 13 mars, de 10h00 à 12h00 au Foyer Saint-Antoine, salle Sainte-Élizabeth, 150 rue Grant, Longueuil.

Informations : Ciel et Terre 514-590-8245    infociel@yahoo.ca

Guide Amphibiens et reptiles du Québec et des Maritimes, Jean-François Desroches / David Rodrigue, Éditions Michel Quintin, 2004   Disponible à Ciel et Terre

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