Le cuistot à ses fourneaux

Texte : Yvan Parent, chroniqueur, avec la collaboration d’André le pêcheur.

C’est l’aîné et l’on sait que ceux-ci ont un statut spécial dans une famille. Il profite de cette reconnaissance, en plus de son attrait pour la nourriture, afin d’apprendre et de développer ses habiletés à faire cuire les aliments et préparer de bons repas. Il observe la façon de procéder de sa mère et se risque, sans qu’on le lui demande, à faire une soupe avec les restants d’une cuisson.

Il a 10 ans, il aime manger et s’impose pour collaborer avec sa mère. Il prend la responsabilité d’organiser les déjeuners pour sa sœur et ses frères. Un matin d’hiver, ses parents sont en Floride, il prépare une beurrée pour son très jeune frère. Sans lui dire, cet aîné, voulant se payer la tête du benjamin, étend du piment de cayenne sur le pain et termine avec du beurre d’arachide. La grimace de son frère à sa première bouchée le certifie de sa réussite. Plus tard, il saura se négocier des avantages avec ceux qui veulent profiter de sa cuisine.

Ce goûteux a beaucoup d’appétit et apprécie beaucoup la nourriture. On ne peut pas dire que ce soit un cuisinier porté sur les recettes. D’ailleurs, il ne cuisine jamais les desserts, car il faut s’en tenir aux recettes pour les réussir. Il n’est pas un gars minutieux pour suivre des instructions, mais plutôt un gars de projets qui fait appel à la créativité  et chez qui la répétition est en général absente.

On ne peut le qualifier d’être très systématique dans son apprentissage, même si l’on sait qu’il réussit très bien à confectionner de bon repas. Il aime mieux procéder par essai et erreur en se servant de son sens très développé du goûter plutôt que de se plonger dans les livres écrits par des experts. Il aime mieux glaner ici et là les notions qui l’aideront à améliorer sa cuisine et de s’en tenir à vérifier ce qui se passe dans ses chaudrons.

Au début de leur relation, sa femme  collabore aux repas en apportant de chez elle les petits plats préparés par sa mère. Aujourd’hui, elle peut se vanter de partager en parts égales le temps consacré à la préparation des repas. Elle  reproche à son cuisinier préféré  son incapacité à reproduire le mets délicieux qu’il vient de réaliser. Ce n’est pas un adepte de recettes. Il se voit comme un artiste de la table sans les compétences des professionnels. Il a un goût très développé et tout au long de la préparation d’un repas, il goûte constamment par plaisir en voulant atteindre la saveur qu’il recherche. Il évite de confiner dans un cahier les tentatives d’améliorer un mets pour être capable  d’en faire une copie exacte.

C’est un premier de classe, qui est doté par la nature d’une intelligence très supérieure. Au travail, il occupe un poste dans la haute direction. D’ailleurs, il veut toujours être en première position. Quand il se rend dans un parc de la SÉPAQ pour le voyage de pêche annuel, on est certain lorsque les autos se mettent en marche qu’il arrivera avant tout le monde. Il aime la position de tête et prend les moyens qu’il faut pour occuper ce poste.

Ses nombreuses responsabilités au travail l’amènent à chercher un moyen de relaxer à son retour à la maison. Souvent le soir, on le retrouve dans la cuisine pour préparer le souper. Manipuler les chaudrons et les ustensiles répond très bien à son besoin  de se détendre à la tombée du jour. Depuis qu’il s’occupe de préparer des repas, il expérimente toutes les sortes de fourneaux et réussit à produire une cuisson qui ravit ceux qui sont installés à la table. Du glouton au fin gourmet, il réussit à leur communiquer son plaisir de bien manger et surtout de bien goûter le repas qu’ils savourent souvent accompagné d’une bonne bouteille de vin et en bonne compagnie.

Il connaît les fourneaux qu’on retrouve dans nos cuisines. Il y a ceux installés dans les chalets des parcs nationaux du Québec et ceux qu’il a connus dans ses voyages aux États-Unis. Il sait s’adapter à chacun, qu’il soit alimenté au gaz ou à l’électricité.  Il s’en sert de la bonne façon pour obtenir un résultat qui le satisfasse. Il passe beaucoup de temps dans la préparation des repas. Son orgueil l’aide à éviter de servir un plat sans en vérifier la qualité. Lorsqu’André se lance dans la préparation d’un nouveau mets, il l’expérimente par une cuisson préalable en goûtant constamment ce qu’il servira à ses invités. Il s’assure, que le repas qu’il présentera, répond à ses standards  de haute qualité. C’est un privilège de profiter des dons de ce grand connaisseur de la bonne bouffe.

Avec la collaboration d’André le pêcheur
mgrparent@hotmail.com

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