L’insupportable mauvaise humeur

Texte : Yvan Parent, chroniqueur avec la collaboration de Maxime Bélisle.

Depuis sa plus tendre enfance, il vit des périodes qui le dérangent sans être capable de savoir ce qui se passe chez lui. Il ne sait pas quand ni pourquoi ça lui arrive. Il ne comprend pas son état. Il est plutôt porté à se dire qu’il est venu au monde comme ça, comme un gars qui est tracassé. Dans ses journées difficiles, il a une propension, à s’isoler.

Un jour, il rencontre une jolie et charmante dame et le bonheur s’installe dans sa vie. Rapidement l’amour fleurit entre eux et ils décident de vivre leur vie ensemble.  Rapidement arrivent des enfants qui les rendent heureux. Ils s’établissent à la campagne près de la ville dans l’ancienne maison du père de Maxime. Le bonheur se vit différemment d’une journée à l’autre, car les moments  de mauvaise humeur continuent d’envahir la vie de Maxime et indisposent sa conjointe.

Les pressions de la vie maritale avec l’implication auprès des enfants et les problèmes d’ordre financiers auxquels chaque famille doit faire face augmentent chez lui les périodes de mauvaise humeur et amènent sa conjointe à vouloir comprendre les difficultés qui se présentent chez ce père de famille. Il est si vivant et drôle quand la mauvaise humeur n’est pas là. C’est alors pour les deux,  un  plaisir de vivre leur vie de couple.

Cette éducatrice spécialisée habituée à identifier les problèmes chez les jeunes et à en trouver les causes se met au travail et réussit avec son conjoint à localiser le moment des périodes difficiles. Ensemble, ils identifient le responsable de la mauvaise humeur qui s’installe plusieurs jours de suite et qui revient chaque année avec l’automne. Les pires mois sont fin septembre, octobre, novembre et le début du mois de décembre. Les mois d’octobre et de novembre sont les pires à supporter. La deuxième partie de décembre est accaparée par la fête de Noël et ce n’est pas le temps de s’apitoyer sur son sort et d’entretenir un état de tristesse non propice à la fête.

Notre couple constate que c’est la période de l’année ou la noirceur s’impose longtemps le matin et tôt en fin d’après-midi rendant plusieurs personnes dépressives. Ils continuent leur observation pour valider leur trouvaille et quand ils font un retour en arrière, ils sont sûrs de leur découverte. Après avoir passé autant d’années à être accablés par la mauvaise humeur, ils entrevoient maintenant différentes solutions. La vie n’est pas toujours ingrate et ils comptent sur elle pour les guider.
Par leurs lectures et les conversations avec leurs amis, deux possibilités s’offrent à eux : la luminosité et les médicaments, mais ce sont des moyens qui demandent des déboursés et qui favorisent les personnes bien organisées.

Notre couple magasine et achète une lampe qui fournit une lumière semblable à celle du jour. En prévoyant le remplacement du fluorescent, c’est une dépense de plusieurs centaines de dollars. Le quotidien de Maxime s’améliore, mais légèrement. Le temps requis pour l’exposition à la lumière de la lampe est variable chaque jour. L’état de dépendance requis par le sujet à cette lumière n’apporte pas le bénéfice souhaité.

La deuxième expérience les amène dans un commerce de produits naturels où ils trouveront ce qu’il faut pour enrayer la mauvaise humeur. Les médicaments seront efficaces s’ils sont pris régulièrement, mais à la longue on les oublie et le léger bénéfice  s’envole rapidement.

Un jour, Maxime regarde distraitement la télévision. On y parle de l’homme de glace; ses records sont nombreux. Un matin, lors d’une tentative de record mondiale de distance parcourue sous la glace les yeux de ce record « man » ont gelés. Il ne portait pas de lunettes. Cet européen s’appelle Wim Of et est familier avec les défis.
Ce néerlandais est aussi appelé «l’homme de glace» du fait de sa capacité à résister au froid extrême. Il aurait battu 20 records du monde grâce à cette capacité : en 2002, il reste 6’20’’ en apnée sous la glace polaire. C’est petit à petit qu’il réussit à établir ses records.

À partir d’aujourd’hui, la vie de Maxime n’est plus la même. Il s’habitue lui aussi à vivre avec le froid et souvent sa conjointe et sa plus vieille l’accompagne dans cette nouvelle vie. Le plus jeune le suivra sans doute plus tard.
Pour Maxime, la douche du matin se termine à l’eau froide. C’est complètement nu qu’il prend des bains de neige. Il court en short en hiver. Il se baigne dans sa piscine après avoir cassé la glace. Il ne connaît plus les états de mauvaise humeur comme ça lui arrivait par le passé et il peut maintenant se considérer dans le quotidien un expert de la cryothérapie.

Avec la collaboration de Maxime Bélisle
mgrparent@hotmail.com

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